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Législatives au Mali: un scrutin maintenu malgré le défi sanitaire et l'insécurité

Un chercheur malien chargé de tester des échantillons pour savoir s'ils sont positifs au coronavirus à Bamako, le 19 mars 2020.
Un chercheur malien chargé de tester des échantillons pour savoir s'ils sont positifs au coronavirus à Bamako, le 19 mars 2020. AFP Photos/Michele Cattani

Les législatives au Mali sont maintenues ce dimanche 29 mars, malgré l’épidémie de coronavirus. Les autorités assurent néanmoins avoir mis en place certaines mesures pour éviter la propagation.

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Avec nos correspondants à Bamako, Coralie Pierret et Serge Daniel

Si la question de décaler les élections législatives s’est posée, c’est d’abord pour des raisons sanitaires. Mais après consultation des partis politiques, puis consensus majoritaire, le président de la République a tranché : le premier tour aura lieu malgré la pandémie mondiale de Covid-19 et les risques élevés de contamination. À ce jour, une vingtaine de cas ont été déclarés à Bamako et dans la région de Kayes, à l’ouest du Mali.

Dans les rangs du pouvoir, on explique que si la date des élections est maintenue malgré des cas de coronavirus, c’est parce que « des mesures ont été prises pour faire face à la situation ». Des affiches de sensibilisation, des gels hydroalcooliques et des masques pour les personnels seront ainsi distribués dans les 2 598 bureaux de vote de Bamako. Mais pour les régions, « nous avons été pris par le temps », assume Amini Belco Maïga, chef de cabinet du ministre de l’Administration du territoire. Partout, les consignes de distance ont été données, à savoir un mètre entre chaque électeur. « Tout est fait pour éviter au maximum la contamination », assure le ministère organisateur.

« Attitude irresponsable »

Pas question non plus d'ajouter une nouvelle crise politique à la crise sanitaire. Le mandat des députés de l’Assemblé nationale est expiré depuis 2018. Il a déjà été prorogé à deux reprises, et un récent dialogue national a insisté pour l’organisation de nouvelles élections, avec date butoir. Au sein de la majorité présidentielle, certains résument la situation : « S'il n’y a pas d’élections, il n’y a plus d’Assemblée, et c’est l’aventure ». 

Le principal parti d’opposition, l'URD, appelle ses militants et ses candidats à une participation « de grande qualité », lit-on dans un communiqué, et n’a pas demandé l’annulation de ces élections malgré l'enlèvement de son leader Soumaila Cissé.

En revanche, d’autres opposants sont contre l’organisation du scrutin. Parmi eux, le général Moussa Sinko Coulibaly pour qui les conditions ne sont pas réunies. La Ligue démocratique pour le changement dénonce ainsi « l’attitude irresponsable du gouvernement ». Me Mountaga Tall s'y oppose également. Outre les problèmes d’insécurité, il évoque le grand risque sanitaire. Trois candidats aux législatives de ce dimanche ont finalement décidé de rester à la maison à cause du coronavirus.

La question sera donc celle de la participation. L’épidémie pourrait effrayer des électeurs. Il y a une semaine, un quart d’entre eux seulement avaient récupéré leur carte pour le district de la capitale.

On ne peut pas dire que tout est parfait, mais nous avons fait le maximum pour que nous évitions une contamination des électeurs. Parce qu'au sortir du dialogue national, nous nous étions qu'il fallait ces élections . Il faut que demain, il y ait un parlement pour que nous puissions faire les réformes attendues par ce pays.

Amini Belco Maiga

Soumaïla Cissé victime d'enlèvement

Mais si la question de décaler le scrutin s'est posée, c'est aussi pour des raisons sécuritaires. Car dans le nord et le centre du pays, les attaques jihadistes continuent. Le 19 mars, les Fama ont perdu une trentaine d’hommes à Tarkint dans la région de Gao, l’attaque la plus meurtrière ces derniers mois. 

Alors cette élection pourra-t-elle se tenir sur toute l’étendue du territoire, y compris dans les zones contrôlés par les jihadistes ? L'enlèvement de Soumaïla Cissé soulève une fois de plus des interrogations. D'autant que le chef de file de l'opposition et ses six compagnons ont vraisemblablement été enlevés par les fidèles de Amadou Koufa, le prédicateur radical du centre du Mali. L’homme dirige une unité combattante affiliée au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), la principale alliance jihadiste du Sahel, opposée aux élections.

Dans des enregistrements qui circulent beaucoup sur les réseaux sociaux, mais dont l'authenticité reste à prouver, des voix revendiquent le rapt au nom de Amadou Koufa et assurent que « Soumaila Cissé est en vie ». Ses parents, amis et proches basés dans son fief de Nianfunké, dans la région de Tombouctou, ne perdent pas espoir. Des démarches sont en cours pour obtenir sa libération. D’après nos informations, le gouvernement malien a actionné des réseaux.

Inquiets, les partisans de Soumaïla Cissé ont installé une cellule de crise à Bamako en attendant. Le Premier ministre Boubou Cissé ainsi que deux anciens chefs de gouvernement, Soumeylou Boubeye Maïga et Moussa Mara, leur ont notamment rendu visite.

► À lire aussi : Mali: les élections législatives maintenues dimanche malgré le coronavirus

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