Accéder au contenu principal
Reportage

RDC: la commune de la Gombe coupée du monde avec une police intransigeante

Les policiers bloquent l'entrée de la Gombe durant le confinement total de la commune à Kinshasa, le lundi 6 avril.
Les policiers bloquent l'entrée de la Gombe durant le confinement total de la commune à Kinshasa, le lundi 6 avril. REUTERS/Kenny Katombe

La police a sorti un arsenal impressionnant à Kinshasa pour garder la commune de la Gombe, où le confinement a débuté lundi. Pas d’entrée, pas de sortie, même pour les personnels autorisés dans le centre névralgique de la capitale congolaise.

Publicité

avec notre correspondant à Kinshasa, Patient Ligodi

Mains gantées, nez et bouche recouverts de masque, matraque à la main, le général Sylvano Kasongo, chef de la police à Kinshasa, est obligé d’intervenir sur l’avenue Libération, où une longue file de voitures s’est constituée. Toutes ces personnes sont munies d’un macaron distribué la veille par l’hôtel de ville.

Le général congolais explique les complications : « Vous savez, c’est la première expérience. On n’a jamais connu le confinement. Aujourd’hui, c’est le premier jour. Les gens ne comprennent pas, tout le monde veut aller à la Gombe… On est confinés, les gens ne doivent pas sortir, sinon ça n’aura pas son sens ». Et pour les personnes bloquées avec les badges, des vérifications sont mises en place, ajoute Sylvano Kasongo : « Ceux qui ont leur badge, ils vont faire quoi à la Gombe ? Il faut qu’on vérifie, parce qu’on a donné des badges à tout le monde, mais ce n'est pas la bible !… »

Drones déployés

La police a également déployé des drones pour suivre le comportement de l’agent de l’ordre. Pour sa part, Didier Tenge Te Litho, le ministre provincial de l’Intérieur de Kinshasa, parle d’un bilan mitigé au niveau de la coordination : « La commune de la Gombe est pratiquement déserte. Et maintenant, nous sommes dans la phase de sensibilisation des personnes qui sont confinées à rester chez elles, à ne sortir que seulement pour les cas d’extrême urgence ».

►À écouter aussi : Revue de presse Afrique - Le début du confinement dans la commune de La Gombé à Kinshasa

Un dispositif est également mis en place pour retrouver les habitants de la Gombe, qui se sont soustraits à la mesure de confinement et se sont installés momentanément dans d’autres communes. « Les chefs de quartier, les bourgmestres, sont saisis, insiste le ministre provincial de l’Intérieur. S’ils ne veulent pas s’identifier, nous, on va donner leurs noms et on va les suivre jusque là-bas ». Les autorités promettent une meilleure coordination entre police, hôtel de ville et autres entités, dès ce mardi.

Le poids du confinement

La commune a beau être le centre névralgique de Kinshasa, certains de ses habitants vivent dans des conditions modestes et ressentent déjà le poids de cette période de confinement. 

Danny est père des deux enfants. Cela fait plusieurs années qu’il est sans emploi. Il a réussi à constitué une petite provision, mais il est convaincu que ce n’est pas suffisant pour couvrir les deux semaines de confinement. « Dans la commune de la Gombe, tout le monde n'est pas en bonne santé. Il y a des gens qui souffrent et qui n'ont personne pour les aider. Mais, par la grâce de Dieu, nous sommes confinés, nous resterons jusqu'à la fin des deux semaines et nous allons vivre. »

La vingtaine, Jonathan est étudiant. Il vit avec certains de ces amis. Lui n’ont plus n’était pas préparé. « Tout le monde connait la situation du pays, elle est difficile. Mais que faire ? Je me dis, dans six mois, qu'est-ce qui va se passer si on continue comme ça ? La situation sera très difficile. On a un peu l'impression d'être en prison. »

Comme tous les autres habitants de la Gombe, Jonathan ne peut plus sortir de chez lui. Pour tenir jusqu’à la fin de la période de confinement, il aurait souhaité avoir plus de boites de conserve, par exemple. « Personnellement, je n'ai pas besoin de vivres frais mais je besoin de trucs qui peuvent durer un peu longtemps. »

Marché, supermarchés, épiceries et boulangeries fermées, les habitants de la Gombe doivent tenir encore pendant 12 jours...

Je ne sais pas quoi faire. En Afrique, nous vivons en communauté. Je peux aller demander de l'aide au plus jeune ou au grand frère. Deux semaines, c'est pas facile...

La Gombe inaccessible, une mesure qui frappe de plein fouet les travailleurs du secteur informel.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.