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Coronavirus: l'Afrique face à la pandémie jeudi 9 avril

Du personnel soignant prend la température d'habitants d'un «township» de Durban, en Afrique du Sud, le 4 avril 2020.
Du personnel soignant prend la température d'habitants d'un «township» de Durban, en Afrique du Sud, le 4 avril 2020. REUTERS/Rogan Ward

L’Afrique comptait, ce jeudi 9 avril, 11 424 cas confirmés de coronavirus. Le Covid-19 a déjà coûté la vie à 572 personnes sur le continent, selon le Centre pour la prévention et le contrôle des maladies de l’Union africaine. Les trois pays les plus touchés restent l’Afrique du Sud, l’Algérie et l’Égypte.

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  • La justice perturbée au Rwanda et en RDC

Alors que le Rwanda a commencé à mener des procès en liaison vidéo pour éviter la propagation du virus, en République démocratique du Congo, pour cause de confinement de « certaines contrées » et par soucis du respect d’égalité de traitement, un service minimum est décrété dans les cours et tribunaux du pays. Il est préconisé le « renvoi en bloc de toutes les affaires en cours d’instruction ». C’est ce qu’a indiqué le premier président de la Cour de cassation dans un communiqué. Selon plusieurs juristes interrogés par RFI, cela ne devrait pas avoir d’impact sur le maintien ou non en détention de Vital Kamerhe.

À lire aussi : L'état du monde face à la pandémie de coronavirus le jeudi 9 avril

  • Nouvelle série de mesures en Côte d'Ivoire

La Côte d’Ivoire a enregistré, ce jeudi, 60 nouveaux cas de Covid-19 et en compte officiellement  444, dont toujours 3 décès. Alassane Ouattara présidait un Conseil national de sécurité consacré à la lutte contre la pandémie. Une série de nouvelles mesures ont été prises, dont l’obligation du port du masque « notamment dans le Grand Abidjan, en veillant à leur disponibilité et leur gratuité », indique le communiqué du CNS qui ne précise pas la date d’entrée en vigueur de cette disposition. Le pays se lance d’ailleurs dans la « fabrication et l’importation massive » de masques qui se font rares depuis quelques temps dans la capitale économique ivoirienne.

Autre mesure : « Le confinement obligatoire à domicile de toutes les personnes fragiles, notamment les personnes âgées et celles souffrant de maladies chroniques ». Le CNS a par ailleurs rendu public une stratégie de dépistage fondée sur des centres de prélèvement de proximité, comme celui de Yopougon qui a été saccagé en début de semaine. Treize centres de ce type seront installés dans la capitale économique ivoirienne, dont 9 d’ici la fin du mois. Quarante-cinq au total dans le pays. Des opérations de sensibilisation au dépistage vont être menées. Sensibilisation également contre la discrimination des malades.

Depuis deux semaines, la ville d'Abidjan est isolée du reste du pays. Dans les jours qui ont suivi cette décision, des milliers d’Abidjanais se sont rués sur les guichets de demande de laissez-passer vers l’intérieur du pays, si bien que ces guichets ont été fermés la semaine dernière. Désormais, ces demandes de dérogation se feront en ligne, indique le communiqué.

  • Le Cameroun annonce des mesures supplémentaires

Le gouvernement camerounais a décidé de 7 nouvelles mesures dans sa lutte contre le coronavirus. Le port généralisé du masque sur l'ensemble du territoire à compter du 13 avril. La production locale de médicaments, de masques, de tests de dépistage et de gels hydroalcooliques. La mise sur pied de centres spécialisés pour le traitement de patients atteints du Covid-19. Le gouvernement annonce également la poursuite des activités essentielles à l'économie et un régime de sanctions systématiques à tous les contrevenants aux mesures de restrictions et de confinement.

Ces mesures ont été annoncées suite à des consultations avec des représentants des communautés religieuses et des partis politiques représentés à l'Assemblée nationale. Elles viennent compléter celles déjà en application depuis le 17 mars dernier, la fermeture des frontières du pays, la suspension des visas d'entrée au Cameroun et la fermeture des écoles, collèges, lycées et universités.  À ce jour, le Cameroun est l'un des pays subsahariens qui dénombre le plus de contaminations au coronavirus avec plus de 800 cas recensés. 

  • L’Ouganda interdit le sport en extérieur

« J'ai vu une vidéo avec beaucoup trop de gens sur le contournement du Nord qui marchent et courent, qui font de l'exercice. Cela doit cesser. Si vous voulez faire de l'exercice, vous pouvez le faire à l'intérieur. Je vais vous montrer comment cela se fait », a déclaré le président ougandais.

Yoweri Museveni renforce les mesures d’isolement contre la propagation du coronavirus. Alors que le pays est déjà confiné, désormais le sport en extérieur est interdit. Et chose promise, chose due, à 75 ans, le président à lui-même montré l’exemple sur son compte Twitter.

Yoweri Museveni a aussi interdit la circulation des motos-taxis, les « boda bodas » qui n’étaient censées transporter plus que des marchandises mais qui véhiculaient encore des passagers.

Le président s’est également excusé pour les violences commises par les forces de l’ordre ces derniers jours envers la population. « Je suis désolé que les LDU (« Local Defence Unit », NDLR) aient arrêté des médecins et les aient attaqués […]. J'en suis vraiment désolé. J'ai aussi des problèmes avec mes forces de l’ordre qui aiment frapper les gens. Cela doit cesser, je ne veux pas voir d’agent de sécurité frapper de gens », a-t-il déclaré.

  • L'Afrique a du mal à rivaliser dans la bagarre pour obtenir des tests

En une semaine, 4 000 cas supplémentaires de coronavirus ont été recensés sur le continent. Lors d’une conférence de presse ce jeudi, le directeur du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CDC) de l’Union africaine, le Dr John Nkengasong, s’est inquiété de cette « augmentation rapide ».

« Malheureusement, ce virus a de l'avance sur nous », a-t-il estimé, avant de déplorer les difficultés des pays africains à se fournir en matériel de protection et en tests diagnostics, alors que de nombreux pays dans le monde font face à des pénuries. « On nous passe devant pour ce qui concerne les équipements personnels de protection et les produits dont nous avons besoin pour toute la gamme de la réponse », a-t-il expliqué, avant de réclamer fermement : « Cela doit cesser ».

  • L’Afrique en récession, une première en 25 ans

Dans un rapport, la Banque mondiale prévoit que la croissance économique en Afrique subsaharienne se contractera en 2020 à cause de l'épidémie de coronavirus. Ce sera la première fois en 25 ans que le continent entrera en récession. Selon les prévisions de la Banque mondiale, la croissance cette année se situera entre -2,1% et -5,1% dans le pire des cas, alors qu'elle était de 2,4% l'année dernière. Le coronavirus coûtera à l'Afrique subsaharienne entre 37 et 79 milliards de dollars pour 2020 en raison de la perturbation du commerce notamment. La pandémie a aussi « le potentiel de déclencher une crise d'insécurité alimentaire en Afrique, avec une production agricole qui pourrait se contracter entre 2,6%, selon le scénario le plus optimiste, et 7%, si il y a des obstructions dans la commercialisation des denrées alimentaires », selon la Banque mondiale.

  • Aides européennes et françaises

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a annoncé que la France allait consacrer « près de 1,2 milliard » d'euros à la lutte contre la propagation du Covid-19 en Afrique. Il ne s'agit pas d'une somme nouvelle mais d'une réorientation d'une partie de l'enveloppe consacrée à l'aide au développement. « Il faudra sans doute envisager l'organisation d'un pont aérien humanitaire à partir de l'Europe pour transporter de l'aide », a ajouté Jean-Yves Le Drian.

Le ministre des Affaires étrangères a également plaidé pour « un moratoire » sur le paiement des taux d'intérêt, voire des « annulations ou restructurations » de dettes dans les pays les plus touchés par la pandémie. L'Union européenne a, de son côté, garanti mercredi l'octroi de plus de 20 milliards d'euros aux pays les plus vulnérables en Afrique et dans le reste du monde pour les aider à lutter contre la pandémie de Covid-19.

  • Le Maroc va recevoir un prêt de 3 milliards de dollars du FMI

Le Maroc a obtenu un prêt 3 milliards de dollars auprès du FMI pour faire face aux conséquences de l’épidémie de coronavirus. Il s’agit d’un dispositif auquel le royaume chérifien souscrit depuis 2002, afin d’être en capacité de limiter l’impact des chocs extérieurs. Ce retrait inédit est « remboursable sur cinq ans avec une période de grâce de trois ans », selon un communiqué de la Banque centrale marocaine.

Par ailleurs, le ministère de la Santé marocain élargit désormais l’utilisation de la chloroquine aux simples cas suspects sans attendre les résultats des tests diagnostics, avec un arrêt du traitement si le test s’avère négatif. L’engouement autour de la molécule est mondial, même si aucune étude scientifique n’a encore formellement prouvé son efficacité.

  • Le prix du pain augmente au Soudan

Il y a un an, c’était l’un des facteurs qui avait déclenché la révolution au Soudan et ce mercredi, le prix du pain a de nouveau été augmenté dans le pays. Un pain ordinaire coûte désormais 2 livres soudanaises à Khartoum. Vingt-quatre heures avant, il n'en coûtait qu'une. Cela dit, on peut toujours acheter un pain à une livre : simplement, celui-ci est plus petit.

C'est une décision inédite, prise mercredi par le gouvernorat de Khartoum, face à la colère grandissante des boulangers. Les autorités cherchent en effet à compenser l'augmentation des coûts de fabrication du pain, qui commençait à créer une situation intenable dans la capitale et sa région. Étant donné les restrictions dues à la pandémie de Covid-19, les boulangers font face à une pénurie de farine.

Dans le même temps, les autorités soudanaises ont décrété un arrêt du travail dans les différents ports du pays en conséquence du coronavirus. Le Conseil de sécurité et de défense soudanais a également décrété que tous les travailleurs des secteurs publics et privés qui ont plus de 55 ans, ainsi que les femmes enceintes ou en période d’allaitement auront droit à un arrêt de travail avec maintien de leur salaire durant toute la période de confinement.

  • Durcissement du confinement en Tunisie

À partir de ce vendredi 10 avril, le gouvernement tunisien interdit le déplacement entre les 24 préfectures ou wilayas du pays. Toute personne qui enfreint les décisions des autorités devra désormais payer une amende. Ce vendredi 10 avril est aussi décrété jour férié exceptionnel pour encourager les Tunisiens à rester chez eux.

Après les tensions qui ont eu lieu dans plusieurs localités tunisiennes suite au refus de certains habitants de laisser enterrer les morts du Covid-19, le maire de Tunis a ouvert un cimetière dans la capitale dédié à ces défunts. Les autorités mènent en parallèle une opération d’information pour expliquer le protocole strict de l’enterrement de personnes décédées des suites de la pandémie.

  • Le confinement prolongé de deux semaines en Afrique du Sud

Lors d'une intervention télévisée, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a annoncé ce jeudi soir que le confinement de la population sera prolongé de deux semaines, jusqu'à fin avril, afin de lutter contre la propagation du nouveau coronavirus.

  • Premier décès en Somalie

Dans un communiqué publié mercredi, le ministère de la Santé somalien a annoncé un premier décès du Covid-19 dans le pays. « Le premier mort dû au Covid-19 a été enregistré aujourd'hui, celui d'un homme de 52 ans ». Quatre nouveaux cas de personnes n’ayant pas voyagé à l’étranger ont également été détectés. « Le ministère confirme que la propagation de la maladie a commencé dans la communauté », est-il précisé. La Somalie compte à ce jour 12 cas déclarés de coronavirus.

  • Le Parlement du Botswana en quarantaine

L’ensemble du Parlement du Bostwana est placé ce jeudi en quarantaine pendant quatorze jours. La décision a été prise par le directeur national des services de santé, le Dr Malaki Tshipayagae, après qu’une infirmière travaillant au Parlement a été testée positive au coronavirus, comme le précise ce tweet officiel. Le pays est actuellement en confinement et compte à ce jour officiellement 13 cas de coronavirus. 

  • Facebook étend son Centre d’information sur le coronavirus

Déjà actif en Afrique du Sud, le Centre d’information sur le coronavirus est étendu à 17 autres pays d’Afrique subsaharienne. Le Centre d'information Covid-19 figure en haut du fil d'actualité. Il se présente comme un espace central pour se tenir informé sur le coronavirus. Il comprend des mises à jour en temps réel provenant des autorités sanitaires nationales et d'organisations internationales telles que l'Organisation mondiale de la santé. Il comporte également des articles, des vidéos et des messages utiles sur la distanciation sociale et la prévention de la propagation de Covid-19.

  • Les infirmiers du Sénégal se mobilisent

Le ministère de la Santé sénégalais a mis en garde contre une « tendance marquée par l'augmentation des cas issus de la transmission communautaire ». Sur RFI, Ismaila Mbaye, président de l’Association nationale des infirmiers et infirmières diplômés d’État au Sénégal (qui compte quelques 3 200 infirmiers dans le pays) affirme qu’il y a une crainte parmi le personnel soignant concernant le manque de matériel, mais souligne que les infirmiers se mobilisent : « Des infirmiers ont été redéployés au niveau des centres de traitement (du Covid-19). Ils ont le choix. Il y en a qui se sont déclarés volontaires d’un seul coup pour dire : "Je vais participer". Et là, ça a été un moment fort de la mobilisation de ces infirmières ».

  • Le Nigeria libère des détenus

Le gouvernement nigérian a annoncé jeudi la libération prochaine de 2 670 détenus afin de désengorger les prisons dans le pays le plus peuplé d'Afrique et limiter la propagation du nouveau coronavirus en milieu carcéral. Il s'agit « des détenus âgés de 60 ans et plus ; ceux qui souffrent de problèmes de santé graves ; les condamnés à une peine de trois ans et plus à qui il reste moins de six mois à purger ; les détenus ayant des problèmes mentaux ; et les détenus avec une option d'amende ne dépassant pas 50 000 nairas », a déclaré le ministre de l’Intérieur, Rauf Aregbesola.

  • Les artistes contre les « fake news »

La campagne#DontGoViral appelle les artistes africains à s’unir pour combattre « l’infodémie », la propagation de la désinformation autour de la pandémie du Covid-19. En collaboration avec l’Unesco, la Fondation pour l'innovation politique (i4Policy) invite les créatifs de tout le continent africain « à produire d’une manière participative des informations culturellement pertinentes et sous licence ouverte dans les langues africaines locales ». La date limite pour contribuer (peinture, clip vidéo, comédie, danse hip-hop...) et gagner l’un des huit prix est fixée au 15 avril.

Sur tout le continent, les musiciens s’engagent dans la sensibilisation des populations contre le coronavirus. Au Burkina Faso, par exemple, le célèbre rappeur Smarty, lauréat du Prix découverte RFI 2013, s'est illustré avec le titre Monsieur Corona.

  • Tunisie : le festival Gabès Cinéma Fen propose sa programmation en ligne

C’est une première en Tunisie et dans le monde arabe. Suite au confinement du pays, le festival Gabès Cinéma Fen propose jusqu’au 11 avril toute sa programmation en ligne. Au lieu de réunir les cinéphiles dans les salles de cette ville de 130 000 habitants, cet ambitieux festival de cinéma d’auteur et de vidéos d’art invite à visionner des films (d’Ala Eddine Slim jusqu’à Suhaib Gasmelbar ou Ladj Ly) et à débattre avec les cinéastes en ligne. Pour les internautes, tout est gratuit, néanmoins une partie des films est réservée aux festivaliers situés en Tunisie.

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