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Entretien

Coronavirus: l'approche de l'Institut Pasteur de Dakar pour les essais cliniques

Les services d'hygiène se préparent à désinfecter un centre de santé pour arrêter la propagation du coronavirus à Dakar, au Sénégal, le 1er avril 2020.
Les services d'hygiène se préparent à désinfecter un centre de santé pour arrêter la propagation du coronavirus à Dakar, au Sénégal, le 1er avril 2020. REUTERS/Zohra Bensemra

Plusieurs équipes dans le monde sont mobilisées pour réaliser des essais cliniques contre le Covid-19. C'est notamment le cas à Dakar, au Sénégal, où les premiers tests vont bientôt commencer à l'Institut Pasteur.

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Le docteur Amadou Sall est directeur de l'Institut Pasteur de Dakar, virologue et spécialiste des maladies émergentes.

Mercredi 8 avril, il était l'invité de l'émission Priorité santé, en direct sur RFI.

► À lire aussi : Coronavirus: le point sur les essais cliniques en cours

RFI : Où en est actuellement l'Institut Pasteur de Dakar dans la recherche contre le Covid-19 ?

Dr Amadou Sall : Dans le domaine de recherche, plus spécifiquement celui de la recherche clinique, nous sommes dans la phase de mise en place de ces recherches, étant donné que l’épidémie a commencé il y a un peu plus d’un mois. Elles vont commencer très prochainement sur nos réflexions sur l’hydroxychloroquine et comment cela peut bénéficier aux patients. Nous travaillons en collaboration avec le professeur Moussa Seydi, de l’hôpital Fann, qui est responsable de la prise en charge au niveau national.

Cependant, ce qui est important, au-delà de la recherche clinique pour les traitements, c’est d’avoir une réflexion, une évaluation de la présentation des cas cliniques dans le domaine africain. Cela permet de voir s’il y a des spécificités, s’il y a une présentation différente, d’un point de vue immunologique mais aussi de l’expression de la maladie. C’est important, car cela va conditionner la prise en charge et peut-être mettre en place des approches plus spécifiques à notre contexte.

Sur quels champs de recherche vous concentrez-vous ?

Il y a trois domaines dans lesquels nous accentuons notre action :

  • Le diagnostic : dans la situation actuelle, nous essayons de juguler rapidement cette épidémie. Nous sommes actifs sur tout ce qui concerne la mise au point d’outils de diagnostic rapide.
  • Suivre de façon régulière comment le virus se comporte : est-ce qu’il change, évolue ? C'est important pour comprendre le suivi des chaînes de transmission, mais aussi éventuellement, dans le cas où il changerait, pour s'adapter en termes d'outils de diagnostic ou de prise en charge.
  • Comprendre la dynamique de l’épidémie par des approches de modélisation, la construction de scénarios qui vont permettre d’anticiper les stratégies de prise en charge de l’épidémie et de son contrôle.

Y a-t-il des spécificités africaines dans votre approche ?

Je pense qu’il est important, en fonction du stade où est l’épidémie en Afrique et au Sénégal, d’avoir des recherches qui sont en lien direct avec les préoccupations. Mais il faut aussi, bien évidemment, s’arrimer à la dynamique mondiale et travailler en collaboration avec nos collègues à travers le monde.

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