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La France et le génocide des Tutsis: l'ONG Survie s'inquiète du point d'étape de l'enquête

(illustration) Des photos de victimes données par les survivants du génocide sont exposés au Mémorial.
(illustration) Des photos de victimes données par les survivants du génocide sont exposés au Mémorial. ©REUTERS/Baz Ratner

En France, il y a un peu plus d’un an, Emmanuel Macron créait une commission d’historiens chargé de faire la lumière sur le rôle de la France au Rwanda durant le génocide de 1994. Cette commission, qui rendra son rapport final dans un an, en avril 2021, vient de publier un rapport intermédiaire. Une note qui suscite déjà l’inquiétude de l’association Survie.

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Cette commission d'historiens a accès aux fonds d’archives de la présidence de la République, de Matignon, du quai d’Orsay et du ministère des Armées.

La note intermédiaire publiée ce mardi ne comporte pas de révélation. Dans ce document d'étape, on trouve surtout des détails sur sa méthode de travail. Mais elle note suscite déjà l’inquiétude de l’association Survie, comme nous l'explique l’un de ses membres, Francois Granner, co-auteur du livre L’État français et le génocide des Tutsis au Rwanda, joint au téléphone par Pierre Firtion.

« Je trouve qu’elle donne un mauvais signal sur la capacité de faire avancer la recherche sur le rôle de la France au Rwanda. Quand ils (les auteurs) rappellent le contexte dans leur texte  sur les trois interventions militaires françaises au Rwanda, ils auraient pu juste rappeler factuellement ce qui s’est passé et rappeler éventuellement qu’il y a des diversités d’opinion sur le sujet. Et ce que l’on trouve assez inquiétant, c’est qu’ils reprennent déjà unilatéralement le point de vue mitterrandien.

Par exemple, sur avril 1994, au tout début du génocide des Tutsis, l’armée française évacuait des ressortissants français. Et puis, en 1998, il y a eu une mission parlementaire qui a examiné le sujet et qui a constaté, qui a bien vérifié, qu’un des reproches qui a été fait à l’armée française, c’est que la France a accueilli des dignitaires extrémistes hutus et l’armée n’a rien fait pour protéger les Tutsis qui étaient pourchassés et menacés de mort par les tueurs. Même des Tutsis ont été refoulés par l’armée française. Donc ça, ça a déjà été entériné par les députés.

 

Alors, pourquoi est-ce que, dans son texte de présentation, la commission Duclert dit que les Français ont évacué des Rwandais tutsis et hutus ? Donc cela pose beaucoup de questions sur qu’est-ce que va pouvoir faire effectivement le rapport final. Est-ce qu’il va vraiment être libre de toute influence politique ? »

 

►Le président de cette commission d'historiens, Vincent Duclert, est l'invité ce jeudi matin de RFI. Il répond notamment aux inquiétudes formulées par l'association Survie.

À écouter ici : La France et le génocide rwandais: « Explorer les archives nationales pour faire la lumière »

 

À lire aussi Dévoilée, la composition de la commission sur le génocide reste décriée

 

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