Accéder au contenu principal

Burundi: les ONG dénoncent les «crimes cachés» du régime de Bujumbura

Au Burundi, les organisations de défense des droits de l'homme documentent de nombreux cas de disparitions forcées (image d'illustration).
Au Burundi, les organisations de défense des droits de l'homme documentent de nombreux cas de disparitions forcées (image d'illustration). LANDRY NSHIMIYE / AFP

Au Burundi, à quatre jours d’une présidentielle à laquelle le président en exercice Pierre Nkurunziza n’est pas candidat, des organisations de la société civile burundaise accusent le pouvoir actuel d’avoir poursuivi sa répression sanglante, entamée lors des manifestations contre son 3e mandat, fin avril 2015.

Publicité

Le compteur de l’ONU est bloqué à 1 200 victimes depuis la fermeture du bureau du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme dans le pays en 2017. Et même si les leaders de ces organisations ont été poussés à l’exil, elles ont gardé des réseaux de militants sur tout le territoire, ce qui leur permet de documenter ces « crimes cachés ».

Bélyse Ntakarutimana, jeune femme de 32 ans et mère d’une fille de 7 ans, habitait le quartier populaire de Mutakura, dans le nord-est de Bujumbura. Militante du parti d’opposition MSD, elle participe activement aux manifestations contre le 3e mandat du président Pierre Nkurunziza, en mai 2015. Des mois plus tard, des soldats se présentent à son domicile.

La suite est racontée par Pacifique Nininahazwe, à la tête de la campagne Ndondeza, qui a déjà enquêté minutieusement sur 180 cas de disparitions forcées au Burundi.

« Le 16 janvier 2016 à 3 heures du matin, elle a été arrêtée par des militaires conduits par le capitaine Ntezimana. Des membres de la parcelle ont posé la question au capitaine : où est-ce que vous amenez la jeune femme ? Il a répondu : Nous l’amenons pour une enquête, elle va revenir ».

Bélyse Ntakarutimana n’est jamais revenue chez elle. Le capitaine Ntezimana a lui été promu au grade de major et travaille à l’état-major de l’armée.

Interdite dans le pays, la ligue des droits de l’homme Iteka continue d’enquêter clandestinement. Elle a recensé jusqu’ici 555 victimes de disparitions forcées depuis 2015.

Iteka a documenté durant la même période le cas de centaines de corps de personnes tuées violement, puis abandonnés n’importe où à travers le pays. 

« Au cours des cinq dernières années, la ligue Iteka a pu documenter [le cas de] 2 245 personnes tuées, explique le président d'Iteka, Anschaire Nikoyagize Pour 764 [personnes], le cadavre a été retrouvé dans différentes localités. Et à chaque fois qu’un cadavre est retrouvé, il est enterré immédiatement, sans faire une enquête ».

Le pouvoir burundais a toujours nié toute cette violence qui se passe à « huis clos », selon la Ligue Iteka.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.