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Officier djiboutien disparu en Éthiopie: il dénonce ses conditions de détention à Djibouti

Le lieutenant Fouad Youssouf Ali est détenu à la prison de Gabode à Djibouti.
Le lieutenant Fouad Youssouf Ali est détenu à la prison de Gabode à Djibouti. Alex Potemkin/Getty images

Des nouvelles du pilote de l'armée de l'air djiboutienne incarcéré dans son pays, après avoir été arrêté en avril en Éthiopie puis extradé, alors qu'il s'apprêtait à déposer une demande d'asile. Dans une vidéo tournée clandestinement dans sa cellule et diffusée au début de la semaine, il apparaît en mauvaise santé et détenu dans des conditions éprouvantes.

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La cellule du lieutenant Fouad Youssouf Ali à la prison de Gabode ressemble à des latrines. Un trou au sol, des excréments sur les murs, des insectes et pas de fenêtres. C’est dans ce décor que le pilote incarcéré depuis le 22 avril apparaît. Il se filme avec un téléphone portable et évoque son état de santé, très dégradé, sa maladie de peau et sa certitude, dit-il, qu'il ne sortira pas de là vivant.

Interrogé par RFI, son frère Omar, qui vit en exil, exprime sa « très grande inquiétude » et sa « tristesse ». Quant à son avocat, Me Zakaria Abdellahi, il s'insurge. Il ignore comment cette vidéo a été tournée, dit-il, mais lui aussi dit « craindre pour la vie » de son client.

Des droits bafoués

Jeudi, il a toutefois obtenu de la chambre d'accusation qu'une expertise médicale de son client soit ordonnée au plus vite. Un rapport devrait être communiqué dimanche. « Mais comme son épouse et sa mère, qui n'ont jamais pu lui rendre visite, je suis dans le noir », dit-il.

D'autant que, depuis mercredi, les autorités pénitentiaires refusent l'aide quotidienne que lui apportait jusque-là sa famille : de l'eau, des vêtements, de la nourriture. Alors même qu'un juge d'instruction a délivré un permis de communiquer, qui n'a manifestement jamais été respecté.

Demande de liberté provisoire rejetée

Selon une source judiciaire, Fouad Youssouf Ali est poursuivi pour tentative de vol, sabotage et destruction de matériel militaire, en l’occurrence un hélicoptère. Le lieutenant est également accusé de désertion et intelligence avec une puissance ennemie, l’Erythrée. Sans qu’on connaisse les éventuels liens entre l’officier et Asmara, on sait qu’il existe toujours un conflit frontalier entre les deux pays. 

Sa demande de liberté provisoire a été rejetée par la Cour d’appel, qui a ordonné une prise en charge médicale. Deux médecins ont été désignés. 
Sur les conditions carcérales, Daoud Houmed reconnaît que Gabode « n’est pas un palace », mais une prison « datant de l’époque coloniale ». Le porte-parole de la majorité ajoute que le déserteur est traité comme les autres, et que la construction d’une nouvelle maison d’arrêt venait d’être approuvée.

Manifestations

La vidéo de Fouad Youssouf Ali a toutefois entraîné des manifestations. Daoud Houmed avertit « qu’aucune entorse à la loi ne serait tolérée ». L’opposant Abdourahman Mohamed Guelleh s’inquiète lui d’une déstabilisation du pays et demande de ne pas réprimer le mouvement.

Autre conséquence de cette affaire, la démission d’une militaire. Dans une vidéo, Deka Issa Douhour, caporale de la Garde républicaine, a annoncé qu’elle claquait la porte de l’armée, en soutien à l’officier incarcéré. Daoud Houmed répond qu’elle occupe un rang subalterne dans l’orchestre et serait motivée par des considérations tribales ou familiales. 

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