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Le maréchal libyen Khalifa Haftar est-il sur la sellette?

Khalifa Haftar à Benghazi, le 14 octobre 2017.
Khalifa Haftar à Benghazi, le 14 octobre 2017. REUTERS/Esam Omran Al-Fetori/File Photo

L’Égypte et la Russie, alliées du maréchal Khalifa Haftar, mettent une autre personnalité sur le devant de la scène pour représenter l’Est libyen : Aguila Saleh, le président du Parlement.

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Ses derniers revers dans l’ouest ainsi que pour la prise de la capitale signent, chaque jour, l'échec patent et l'affaiblissement du maréchal Haftar. Plusieurs capitales occidentales ne supportent plus son refus des accords et ses retournements sur des accords déjà trouvés pour la Libye.

Jouer une carte autre que celle de Khalifa Haftar pour l’Ouest libyen, « c’est plus qu’un besoin, c’est une nécessité », confie même un responsable libyen à l’étranger.

Un civil ?

Des sources proche du Parlement à Benghazi affirment que la Russie, les États-Unis et l’ONU « recherchent activement une autre personnalité qui respecte mieux les accords pour la prochaine période », d’autant plus que le camp de Fayez el-Sarraj refuse catégoriquement de s’asseoir à la même table que le maréchal Haftar, « le putchiste », comme ils préfèrent l’appeler. Le remplacement du chef de guerre de l'Est libyen serait un préalable à un possible retour à la table des négociations en Libye.

Un nom circule pour le remplacer : Aguila Saleh, le chef du Parlement libyen élu mais dont le mandat est écoulé comme celle de toutes les institutions libyennes. Moscou le reçoit, moins de 24 heures après avoir refusé la visite du Premier ministre Fayez el-Sarraj. De Moscou comme du Caire, Aguila Saleh multiplie les déclarations pour promouvoir la paix et le retour aux discussions. Serait-il l’homme choisi par la communauté internationale pour remplacer Khalifa Haftar ?

Discret, vu comme « effacé » derrière Khalifa Haftar, il a cependant su se sortir de l'ombre et se différencier de lui ces derniers mois. Il lui a montré son opposition quand Haftar s’est retiré de l’accord de Skhirat, signé en 2015 pour annoncer la dissolution de toutes les institutions libyennes, y compris le Parlement qui lui avait donné sa légitimité. Il déclare prendre le pouvoir par un amendement du peuple libyen. Encouragé par Moscou, Aguila Saleh lance son initiative pour la paix en avril dernier, initiative reprise dans la récente déclaration égyptienne et promue par Moscou et par d’autres capitales européennes pour un retour au dialogue.

Pression internationale

Khalifa Haftar menace alors de l’emprisonner. Mais la grande tribu de Aguila Saleh met le maréchal en garde contre toute tentative d’intimidation. Cette affaire trouve écho auprès d’une partie de la population de l’Est libyen, opposée à ce que leurs enfants soient enrôlés dans cette guerre de Tripoli.

Khalifa Haftar, connu pour avoir écrasé tous les hauts officiers qui se sont opposés à ses idées, semble s’incliner cette fois-ci devant une personnalité civile.

Ce mardi 9 juin, les ministres des Affaires étrangères de la France, de l’Italie et de l’Allemagne ainsi que le haut représentant de l’Union européenne appellent dans une déclaration conjointe à la reprise du dialogue et la conclusion d’un cessez-le-feu en Libye, à la suite « des engagements constructifs pris au Caire », selon le communiqué qui demande « instamment à toutes les parties libyennes et internationales à faire cesser de manière effective et immédiate toutes les opérations militaires et à s’engager de façon constructive dans les négociations en format 5+5, sur la base du projet d’accord du 23 février ».

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