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Côte d’Ivoire: une attaque attribuée à des jihadistes vise des militaires dans le Nord

Des militaires ivoiriens à Bouaké, le 13 janvier 2017. (Image d'illustration)
Des militaires ivoiriens à Bouaké, le 13 janvier 2017. (Image d'illustration) Sia KAMBOU / AFP

C’est une première dans le pays depuis l’attentat de Grand-Bassam en 2016. Une base de l’armée ivoirienne, située près de la frontière avec le Burkina Faso, a été la cible d'une attaque, dans la nuit de mercredi à jeudi.

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Selon le bilan provisoire fourni par l’état-major, on compte « une dizaine de morts, six blessés et un assaillant neutralisé » rapporte notre correspondant à Abidjan, Pierre Pinto. « Les enquêtes sont en cours pour déterminer la nature, les circonstances et le bilan définitif de cette attaque », indique le communiqué. « Des mesures urgentes ont été prises dans la zone, notamment la mise en alerte de toutes les troupes ainsi que le ratissage en vue de retrouver les assaillants », ajoute-t-il. L'état-major se refuse donc pour le moment de confirmer le caractère jihadiste de l'opération.

C’est un poste mixte de l’armée et de la gendarmerie qui a donc été attaqué cette nuit à Kafolo. Vers 3h du matin une quarantaine d’hommes en armes ont surpris la trentaine de gendarmes et de militaires ivoiriens stationnés là. Les combats ont duré plus de deux heures. Les 6 blessés de l’attaque de Kafolo ont été rapatriés à Abidjan par un vol militaire. Selon l’état major, des renforts ont été dépêchés sur place jeudi matin et une opération de ratissage a immédiatement été lancée pour tenter de retrouver les assaillants.

Tout le village était couché. Ça a réveillé tout le village... Ca a commencé par des petits tirs puis ensuite il y a eu des gros coups de feu. (…) On se demandait : est-ce qu’ils sont à côté, est-ce qu’ils sont passés dans le village ? Donc personne n’est sorti, on a commencé à sortir vers 11h. Pour le moment, avec le sécurité, les renforts… Je suis un peu soulagé. Ce que je vois, c’est une sécurisation totale, un avion survole.

Bamba Tiemogo, chef du village de Kafolo

Cette localité est située sur la frontière burkinabè, sur les rives du fleuve Comoé, à l’entrée du parc national du même nom. C’est dans cette zone que se déroule depuis le mois dernier une opération conjointe ivoiro-burkinabè antijihadiste sur les deux territoires. Il y a quinze jours, les deux armées avaient d’ailleurs indiqué avoir détruit une base jihadiste à Alidougou, côté burkinabè, tué huit combattants et en avoir capturé une quarantaine. L’attaque de ce jeudi pourrait donc être des représailles à cette opération conjointe.

« Nous sommes en train de mener des enquêtes et les services d'investigation pourront préciser l'origine de cette attaque, a expliqué Hamed Bakayoko ministre de la Défense et Premier ministre ivoirien par interim. Il n'y a pas mille causes à une attaque terroriste, c'est semer le terreur, détruire des vie, désorganiser les Etats. Représailles ou pas, la seule réponse des Etats, c'est de faire face. »

Si le bilan se confirme, il s’agirait de la pire attaque jihadiste depuis celle de la station balnéaire de Grand-Bassam en 2016, qui avait fait 22 morts.

Selon le chercheur Lassina Diara, depuis deux ans, une cellule jihadiste appartenant à la katiba malienne du Macina d’Amadou Koufa chercherait à s’implanter dans cette zone située aux confins du Mali, du Burkina et de la Côte d’Ivoire. Cette cellule serait conduite par un certain Sidibé Abdoul Rasmané, alias Abdramani. 

Des failles au cours de l'opération « Comoé »?

Certaines sources sécuritaires pointent du doigt les failles constatées au cours de l’opération « Comoé » du côté ivoirien où l’étau n’était très resserré. Les fuites d’information auraient permis à certains membres du groupe armé de s’échapper, rapporte notre correspondant à Ouagadougou, Yaya Boudani. Par conséquent, « les terroristes se sont éparpillés en territoire ivoirien » fait savoir cette même source sécuritaire.

L’attaque du poste frontière ivoirien serait l’œuvre du frère de l’un des chefs de ce groupe qui a pu passer entre les mailles du filet. Pour le chercheur Mahamoudou Sawadogo, le groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), a un fort ancrage dans la zone. « Ils profitent de deux grandes forêts pour opérer dans la région de la boucle du Mouhoun au Burkina et jusqu’en territoire ivoirien » souligne le chercheur.

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