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Brésil

Brésil: le secrétaire à la Culture démissionne après avoir paraphrasé Goebbels

Des diplomates regardent la vidéo de Roberto Alvim à l'origine de sa démission, le 17 janvier à Washington.
Des diplomates regardent la vidéo de Roberto Alvim à l'origine de sa démission, le 17 janvier à Washington. ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP

Le secrétaire brésilien à la Culture Roberto Alvim a démissionné ce vendredi 17 janvier après avoir fait scandale avec un discours paraphrasant des propos du chef de la propagande nazie Joseph Goebbels.

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C'est une vidéo annonçant la création d'un Prix national des Arts qui est à l'origine de la démission Roberto Alvim. Diffusée jeudi soir, elle montre le chargé de Culture brésilien prononcer un discours en costume sombre, exaltant notamment « la patrie, la famille, le courage du peuple et son profond lien avec Dieu comme point d'ancrage des politiques publiques », des termes très présents dans la rhétorique d'extrême droite.

« Héroïque et national »

Mais c'est une phrase précise qui va faire scandale. « L'art brésilien de la prochaine décennie sera héroïque et national (...) tout en étant impératif, car lié aux aspirations urgentes de notre peuple, ou ne sera pas », affirme l'homme fort de la Culture du gouvernement d'extrême droite Bolsonaro, avec en musique de fond l'opéra Lohengrin de Richard Wagner, le compositeur préféré d'Hitler.

Cette phrase est très similaire à celle attribuée à Goebbels dans l'ouvrage Goebbels, biographie, de Peter Longerich : « L'art allemand de la prochaine décennie sera héroïque, il sera d'un romantisme d'acier, il sera objectif et exempt de sentimentalisme, il sera national, gorgé de pathos, impératif, ou il ne sera pas ».

Les appels à la démission ont alors fusé de toute part. « Le secrétaire à la Culture a dépassé les bornes. C'est inacceptable. Le gouvernement devrait le retirer de ses fonctions de toute urgence », a affirmé sur Twitter le président de la Chambre des députés Rodrigo Maia. La Confédération israélite du Brésil a également considéré ce discours comme « inacceptable » et réclamé le départ de Roberto Alvim. Son poste est l'équivalent de celui de ministre de la Culture, un portefeuille qui a tout simplement disparu sous le gouvernement Bolsonaro après avoir été absorbé par celui de la Citoyenneté, au même titre que les Sports.

« Protéger » Jair Bolsonaro

« Au vu du malaise causé par ce lamentable épisode, j'ai présenté immédiatement ma démission au président Jair Bolsonaro, dans le but de le protéger », a annoncé l'intéressé ce vendredi dans un message publié sur Facebook. Il y précise que son discours avait été rédigé « à partir d'idées liées à l'art nationaliste soumises par (ses) assistants ». « Si j'avais connu l'origine de la phrase, je ne l'aurais jamais prononcée », a-t-il ajouté, affirmant son « profond rejet de tout régime totalitaire et du régime nazi ». « Je demande pardon à la communauté juive, pour laquelle j'ai le plus profond respect », a-t-il poursuivi.

Quelques minutes plus tard, Jair Bolsonaro a confirmé sur Twitter le départ de son secrétaire à la Culture « en raison de propos malheureux qui ont rendu son maintien impossible ». Le chef de l'État a également exprimé son « rejet des idéologies totalitaires et génocidaires, comme le nazisme et le communisme », ainsi que son « soutien total et sans restriction à la communauté juive ».

Au moment de sa prise de fonctions, en novembre, le secrétaire à la Culture avait promis de livrer « une guerre culturelle » contre les « forces progressistes ».

(avec AFP)

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