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Pérou: les violences faites aux femmes se sont invitées dans la campagne

Des manifestantes lors de la journée de la femme, le 8 mars 2018, à Lima.
Des manifestantes lors de la journée de la femme, le 8 mars 2018, à Lima. Luka GONZALES / AFP

Les Péruviens sont appelés aux urnes ce dimanche pour élire un nouveau Congrès. Alors que la campagne électorale était plutôt morne, enlisée dans les scandales de corruption, depuis début janvier, un nouveau sujet s’est imposé dans la campagne : la lutte contre les violences faites aux femmes.

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De notre correspondante à LimaWyloën Munhoz-Boillot

Le 22 décembre dernier, une femme est sauvagement assassinée par son ex-mari à Lima. La semaine suivante, cinq autres femmes connaissent le même sort. Toutes ont été victimes de féminicides commis par leur partenaire ou ex-conjoint.

Au total en 2019, 168 féminicides ont été recensés au Pérou, ce qui en fait la pire année de la décennie. Une violence qui se banalise dans un pays, où 65 % des femmes auraient déjà subi des violences physiques, psychologiques ou sexuelles. Face à ce constat, la ministre de la Femme a d’ailleurs qualifié le Pérou de « pays de violeurs ». Cette phrase a suscité la polémique, tout en ravivant le débat autour de ces violences.

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Une alliance parlementaire pour cette cause

Depuis janvier, les partis politiques, de gauche comme de droite, ont donc replacé la lutte contre les violences faites aux femmes au cœur de leur campagne. Certaines candidates ont d'ailleurs signé un pacte dans lequel elles s’engagent, une fois élues, à former une alliance parlementaire, avec l’objectif suivant : défendre les droits des femmes et mettre un terme aux violences liées au genre.

Cette initiative est saluée par Arlette Contreras, figure emblématique du mouvement contre les violences faites aux femmes au Pérou. « La lutte contre les violences faites aux femmes ne devrait pas être liée à une idéologie politique, estime-t-elle. Donc oui, il faut s’unir pour éliminer les comportements machistes et les stéréotypes. Car le Pérou est encore une société très machiste. »

Reste à voir si, une fois élues, ces candidates tiendront leur engagement de dépasser les clivages partisans pour mettre en place une réelle politique commune contre les violences faites aux femmes, alors que le prochain Congrès s’annonce fragmenté.

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