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Mexique: manifestation devant la présidence pour dénoncer les féminicides

Mobilisation dans les rues de Mexico contre les féminicides, suite à l'assassinat d'Ingrid Escamilla, dont les images du cadavre ont été communiquées à la presse.
Mobilisation dans les rues de Mexico contre les féminicides, suite à l'assassinat d'Ingrid Escamilla, dont les images du cadavre ont été communiquées à la presse. PEDRO PARDO / AFP

Le Mexique est secoué par le féminicide d’une jeune femme âgée de 25 ans, Ingrid Escamilla, sauvagement assassinée il y a quelques jours par son compagnon à Mexico. Les images de son cadavre ont ensuite été communiquées à la presse dont certains titres n’ont pas hésité à les publier, créant l’indignation dans le pays.

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Avec notre correspondante à Mexico, Alix Hardy

Depuis la publication des photos du corps d’Ingrid Escamilla, l’indignation est énorme dans le pays. Le vendredi 14 février, de jeunes femmes en colère ont manifesté devant la présidence. Sur les murs du bâtiment, les manifestantes ont tracé ce graffiti : « État féminicide », et arrosé les portes en bois de peinture rouge sang.

Julia, 24 ans, est venue faire entendre sa colère : « Aujourd’hui, nous sommes ici pour Ingrid et pour toutes les autres. Dans ces journaux de caniveau, il y a sur une face une femme à moitié nue, et sur l’autre une femme en morceaux. Quel est le message envoyé à la société ? On normalise la violence faite envers les femmes et ça suffit. On ne veut pas que ces images d’Ingrid soient tout ce qui reste d’elle ».

La banalisation de la violence faite aux femmes

Au Mexique, ce sont neuf femmes qui sont assassinées chaque jour en moyenne. Mais les autorités ne semblent pas prendre la mesure de l’urgence, c’est ce que déplore Georgina, une autre manifestante : « Les mortes s’accumulent dans les pages de journaux, et elles restent là. La vraie question c’est : que va faire l’État ? Il a les outils pour agir : le gouvernement, l’argent, les institutions. Ce ne sont pas des faits isolés, l’assassin d’Ingrid ne s’est pas levé un matin en se disant " je vais la dépecer " ». Pour cette manifestante, ce sont des problèmes structurels, tout comme l’impunité.

« Combien d’Ingrid y a-t-il au Mexique ? Nous ne sommes pas des numéros ni des faits-divers : nous sommes des femmes », scande Georgina.

Interpellé sur le sujet à sa conférence matinale, le président Andrès Manuel Lopez Obrador s’est dit « en faveur des femmes et contre les féminicides ». Le ministère de l’Intérieur a lui annoncé l’ouverture d’une enquête au sujet de la provenance des photos publiées dans les médias.

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