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Pérou: prison ferme pour harcèlement sexuel, une victoire pour les féministes

Banderole contre les violences faites aux femmes, lors de la marche #Ni une (femme) de moins, à Lima, le 12 août 2017.
Banderole contre les violences faites aux femmes, lors de la marche #Ni une (femme) de moins, à Lima, le 12 août 2017. CRIS BOURONCLE / AFP

C’est une première dans l’histoire du Pérou. La justice péruvienne a confirmé mardi 18 février la condamnation d’un jeune homme à de la prison ferme pour harcèlement sexuel. Une petite victoire pour les féministes dans un pays jugé encore très machiste. Reportage.

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Avec notre correspondante à Lima,

Mardi soir, la cour d’appel de Lima a confirmé la condamnation d'Alex Manuel Alvarez, âgé de 20 ans, à 3 ans et 8 mois de prison ferme pour harcèlement sexuel sur mineure. Une peine accompagnée d’une amende de 5 000 nouveaux soles, soit 1 300 euros.

En septembre 2018, le jeune homme a tenté de forcer une adolescente de 16 ans à reprendre une relation qu’ils avaient eue un an plus tôt, alors que tous deux étaient encore mineurs. La jeune fille ayant refusé, Alex Manuel Alvarez l’a menacée de mort, elle et sa famille, et a diffusé des photos intimes d’elle sans son consentement.

Mais cette même-année, le Code pénal est modifié au Pérou. Le harcèlement et le chantage sexuel, tout comme la diffusion d’images, d’audio ou de vidéos à caractère sexuel deviennent des délits passibles de 3 à 5 ans de prison.

Alex Manuel Alvarez est donc le premier Péruvien à être condamné pour harcèlement sexuel. Dans sa décision, la juge a déclaré vouloir « créer une conscience sociale ». Un signe certes fort, mais insuffisant pour Mabel Barreto, de l’organisation féministe Manuela Ramos.

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« Ce n’est définitivement pas suffisant. On le voit avec d’autres lois, par exemple celle qui sanctionne les féminicides. Cela n’a pas suffi à diminuer le nombre de cas. Ce genre de mesure doit donc être accompagnée d’une réelle politique publique d’éducation, car le machisme est encore très ancré dans la société péruvienne », estime-t-elle.

L’année dernière au Pérou, le ministère de la Femme a enregistré plus de 14 000 cas de violences envers des femmes et 168 féminicides. Ce qui en fait la pire année de la décennie.

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