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Cuba autorise la vente de véhicules neufs en devises étrangères

Le gouvernement cubain a décidé d'autoriser la vente de véhicules neufs en devises étrangères.
Le gouvernement cubain a décidé d'autoriser la vente de véhicules neufs en devises étrangères. REUTERS/Alexandre Meneghini

La carte postale cubaine de la vieille voiture américaine dans les rues de la Havane va-t-elle disparaître ? Le gouvernement cubain autorise à partir d’aujourd’hui la vente de véhicule neuf en devises étrangères. Une mesure qui devrait permettre à Cuba d’engranger des devises alors que le pays traverse une dure crise économique mais cette nouvelle n’est pas vraiment populaire.

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De notre correspondante à La Havane,

Il faut compter environ 90 000 CUC pour une Peugeot 206 neuve mais on peut à partir d’aujourd’hui l’acheter à 80 000 euros. La monnaie change mais pas les prix, qui restent inaccessibles à la majorité de la population, dont le salaire moyen est de 40 dollars mensuels, même si le gouvernement annonce une baisse de 10% du prix des voitures.

« Cette mesure ne concerne pas la majorité des Cubains, mais contribuera à améliorer les transports publics », a expliqué le ministre des transports. L’État justifie donc ainsi son monopole sur les prix, expliquant que les recettes de ces ventes seront destinées à combler le manque de transport en commun, mais c’était déjà l’explication donnée il y a une dizaine d’années.

Premières mesures en 2011

En 2011, Raul Castro levait l’interdiction d’achat et vente de véhicules et à cette époque déjà, les Cubains s’étaient rendus compte que ce qui était jusqu’à présent interdit allait le rester du fait des prix inaccessibles. Donc bien peu a été investi dans les transports publics puisque l’État a vendu bien peu de véhicules.

Le parc automobile cubain n’est pas prêt de se moderniser car même si les Cubains se réjouissent de cette nouvelle possibilité d’achat, ils se demandent bien comment payer un Hyundai à 60 000 dollars ! Il semblerait donc que les voitures neuves resteront entre les mains de certains fonctionnaires quand les particuliers continueront d’utiliser leurs voitures américaines des années 50 et les Lada et Moskovitch héritées de la période soviétique.

Pénuries d'essence récurrentes

Pourquoi vendre des voitures en devise, s’il n’y a pas d’essence ? C’est par ailleurs une question que se posent ironiquement les Cubains, car depuis novembre dernier l’île rencontre des difficultés à importer du pétrole. Le gouvernement attribue cette pénurie aux sanctions et aux menaces de sanctions américaines sur les bateaux étrangers transportant le pétrole sur l’île. Depuis plusieurs mois on voit donc régulièrement de longue file d’attente à la pompe.

Les sanctions américaines imposées par Donald Trump à Cuba se font largement ressentir sur l’île et le gouvernement tente donc de nouvelles mesures économiques comme celle-ci pour sortir de la crise et des pénuries.

L’achat de véhicules en devises fait partie d’un large plan de réforme économique afin de récupérer des liquidités. En octobre dernier, l’État ouvrait de nouveaux magasins en devise, dans lesquels les Cubains peuvent désormais acheter des climatiseurs, réfrigérateurs et autres électroménagers et de nouveaux produits entreront prochainement dans le pays, comme des ordinateurs par exemple. Une stratégie du gouvernement afin de capter l’argent en provenance de l’étranger via le portefeuille des Cubains qui reçoivent des mandats d’argent.

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