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Chili: la campagne pour le référendum de changement de Constitution a commencé

Le 26 avril prochain, 14 millions de Chiliens seront appelés à se prononcer sur le changement de la Constitution, alors que le dernier référendum dans le pays sur des changements constitutionnels remonte à 1989.
Le 26 avril prochain, 14 millions de Chiliens seront appelés à se prononcer sur le changement de la Constitution, alors que le dernier référendum dans le pays sur des changements constitutionnels remonte à 1989. AFP Photos/Aton Chile/Ramon Monroy

Au Chili, une campagne pour encourager les citoyens à voter le référendum du 26 avril a été lancée le mercredi 26 février. Les Chiliens devront se prononcer sur un changement de Constitution, l'une des principales revendications dans les manifestations souvent violentes qui émaillent le pays depuis plusieurs mois.

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Au Chili, le texte actuel date de la dictature militaire d'Augusto Pinochet, votée en 1980. Le 26 avril prochain, 14 millions de Chiliens seront appelés à se prononcer alors que le dernier référendum dans le pays sur des changements constitutionnels remonte à 1989. Un an auparavant, le référendum historique de 1988 avait ouvert la voie à une transition démocratique et entériné la fin du régime militaire.

Outre les demandes pour plus de justice sociale, un changement de Constitution figure en bonne place dans les revendications des manifestants depuis le début de la contestation sociale le 18 octobre dernier. Le 15 novembre, près d'un mois après le déclenchement d'une crise sociale sans précédent qui a fait une trentaine de morts, la coalition gouvernementale et les principaux partis d'opposition étaient parvenus à un accord historique sur l'organisation d'une consultation par référendum.

Les partis de gauche défendent le vote en faveur du « apruebo » (je suis d'accord), tandis que la majorité des partis de la coalition de droite au pouvoir et ceux de l'extrême droite militent pour le « rechazo » (je rejette), selon l'alternative qui sera proposée aux électeurs lors de la consultation.

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Favoriser la participation des Chiliens

« Le gouvernement s'engage à favoriser une forte participation des Chiliens et à garantir un référendum juste, démocratique et transparent », a déclaré le chef de l'État, le lundi 24 février.

Paulina Vodanovic est présidente de la fondation « Horizon citoyen ». Elle incite les Chiliens à se rendre aux urnes. Ce n'est pas évident de les convaincre, explique-t-elle, compte tenu de l'histoire du Chili : « Le principal objectif est de faire comprendre aux gens la nécessité et l'urgence de la mise en place d'une nouvelle Constitution, dans le contexte des manifestations et des graves atteintes aux droits de l'Homme qui ont eu lieu au Chili. Il faut les éduquer, leur faire savoir que la Constitution est quelque chose qui nous concerne au quotidien. Ce n'est pas quelque chose d'accessoire dans notre vie, comme le prétend la droite. »

Sous la dictature de Pinochet, les droits civiques ont été supprimés rappelle la présidente de la fondation « Horizon citoyen » : « Nous n'avons pas de culture du vote, car le vote obligatoire a été remplacé par un vote volontaire il y a quelques années. Cela explique pourquoi les Chiliens se rendent peu aux urnes. Donc le défi, c'est de parvenir, grâce à ce vote, à un changement constitutionnel. Une modification qui avant la manifestation du 18 octobre 2019, croyez-moi, n'était pas possible dans l'esprit des gens. Selon nous, il faut changer la Constitution, l'écrire sur une page blanche, aussi vite que tout ce qui s'est passé ces derniers mois. »

Vers la possible rédaction d’une nouvelle Constitution

La campagne électorale prendra fin le 23 avril. Le jour du vote, les Chiliens devront répondre à deux questions : l'une sur le remplacement ou non de la Constitution et l'autre, le cas échéant, sur la méthode pour la rédiger. Cette seconde question devra déterminer quel organe rédigera la future Constitution. Une « Convention mixte » composée à parts égales de citoyens élus à cette fin et de parlementaires en exercice, ou une « Convention constituante » intégralement composée de citoyens spécifiquement élus à cette fin.

Si le principe d'une nouvelle Constitution est approuvé le 26 avril, l'élection de la « Convention mixte » ou de la « Convention constituante » aura lieu en octobre 2020. L'organe chargé de la rédaction aura neuf mois pour élaborer un nouveau texte, une période qui pourra être prolongée de trois mois.

Le ministre des Finances, Ignacio Briones, a rappelé que dans le cas d'une victoire des partisans d'un changement de Constitution, chaque article du nouveau texte devra ensuite être approuvé par un quorum des deux tiers. « Cette disposition claire garantit que nous n'allons pas passer d'un extrême à l'autre », a déclaré Ignacio Briones.

Selon un dernier sondage de l'institut Activa Research, 69% des Chiliens sont favorables à un changement de Constitution, contre 14,5% qui s'y opposent.

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