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Coronavirus: polémique autour du manque de tests de dépistage aux États-Unis

Donald Trump dans le Bureau ovale à la Maison Blanche le 12 mars 2020.
Donald Trump dans le Bureau ovale à la Maison Blanche le 12 mars 2020. REUTERS/Leah Millis

Les experts dénoncent le retard avec lequel les tests ont été rendus disponibles et la procédure qu’il faut appliquer afin de pouvoir s’y soumettre. Dans un discours qu’il a consacré au coronavirus, Joe Biden, le candidat en tête de la course pour l’investiture démocrate, a évoqué un échec colossal, mais le président américain, lui, assure que tout va bien.

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Aux Etats-Unis, le nombre de cas de coronavirus continue d’augmenter et les autorités locales prennent des mesures pour tenter de juguler l’épidémie. Les parcs d’attraction de Disney ont fermé, ainsi que les théatres à Broadway. La plupart des événements sportifs se jouent désormais sans public quand il ne sont pas purement ou simplement suspendus, rapporte notre correspondante, Anne Corpet.

Sur le plan politique, le président américain a justifié l’interdiction faite mercredi aux voyageurs venus de la zone Schenghen d’entrer sur le territoire américain. Mais les démocrates dénoncent sa gestion de la crise. Joe Biden et Bernie Sanders ont tous deux pris la parole de manière assez solennelle pour livrer leur vision de la crise sanitaire qu’affronte le pays. Et en premier lieu pour dénoncer la manière dont le président y fait face.

L’ex-vice président a fustigé l’emploi par Donald Trump du terme « virus étranger » qu’il a qualifié de xénophobe. Et a plaidé pour la mise à disposition gratuite de tests de dépistage qui coûtent cher et ont été distribués tardivement aux Etats Unis. « L'échec de l'administration vis-à-vis des tests est colossal. C'est un échec dans la préparation, la direction et la mise en oeuvre », a asséné Joe Biden.

Bernie Sanders a lui aussi eu des mots forts. Il a comparé l’épidémie à une grande guerre. « L’ incompétence et l’imprudence de cette administration ont mis en danger la vie de beaucoup de gens dans ce pays », a-t-il estimé.

Aux États-Unis, un médecin ne peut pas administrer de test de dépistage sans obtenir l’autorisation préalable du Centre de contrôle et de prévention des maladies. Une procédure qui fonctionne selon le président américain. « Franchement les tests se déroulent sans problème si vous allez au bon endroit, dans la bonne agence, vous obtenez un test », a affirmé Donald Trump.

Mais beaucoup de professionnels de santé contestent les choix de cette agence fédérale. Des personnes souffrant des symptômes du coronavirus se sont vues refuser le test au début de l’épidémie parce qu’elles ne revenaient pas d’un pays à risque.

30 millions d'Américains n'ont pas d'assurance maladie

« Le système n’est pas vraiment armé pour ce dont nous avons besoin actuellement. C’est un échec. Nous ne sommes pas organisés pour que les gens puissent facilement accéder aux tests comme dans les autres pays », a reconnu le directeur de l’Institut national des maladies infectieuses, Anthony Fauci, devant le Congrès le 11 mars.

L’autre problème, c’est le coût de ces tests surtout pour les 30 millions d’Américains qui n’ont pas d’assurance maladie. Il peut atteindre plusieurs centaines de dollars. Joe Biden, le candidat à l’investiture démocrate pour la présidentielle exige la gratuité du dépistage. « L’échec de l’administration avec le dépistage est colossal. C’est un échec dans la planification, la direction et l’exécution », a-t-il lancé.

Selon les dernières données du centre de contrôle des maladies publiées lundi, 8 554 tests ont été pratiqués dans le pays. C’est 22 fois moins qu’en Corée du Sud, qui a annoncé son premier cas de coronavirus le même jour que les États-Unis.

Autre problème, de nombreuses personnes, potentiellement infectés, continuent de travailler car ils ne bénéficient pas de congés maladie payés. Les congés maladie payés constituent un clivage politique. Les démocrates recommandent de les rendre obligatoires quand les républicains s'y opposent, au prétexte qu'ils représentent un fardeau pour les employeurs.

Face à l'urgence de l'épidémie, démocrates et républicains sont parvenus à un accord qui sera signé ce vendredi à la Chambre des représentants a annoncé jeudi Nancy Pelosi, cheffe du groupe démocrate à la chambre. Négocié avec le secrétaire américain au trésor, l'accord comprend notamment la gratuité des tests et le déblocage de fonds pour l'agence Medicaid et des programmes d'aide alimentaire.

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