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REPORTAGE

Coronavirus: les travailleurs informels dans une situation critique au Pérou

Travailleur portant un sac de patates dans un marché de Lima, le 21 mars 2020. L'économie du pays est à l'arrêt, en raison du coronavirus.
Travailleur portant un sac de patates dans un marché de Lima, le 21 mars 2020. L'économie du pays est à l'arrêt, en raison du coronavirus. REUTERS/Sebastian Castaneda

Pour faire face auà la pandémie, le gouvernement péruvien a déclaré l’état d’urgence et imposé le confinement à toute sa population. Résultat, le Pérou est à l’arrêt depuis trois semaines, l’économie aussi. Une situation critique pour les 12 millions de travailleurs informels du pays.

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Avec notre correspondante à LimaWyloën Munhoz-Boillot

Depuis le début de l’état d’urgence il y a trois semaines au Pérou, tout le monde est confiné chez soi. Mais certains n’ont d’autre choix que de continuer à travailler. Jesus Diaz est chauffeur de taxi dans le centre de Lima.« Je dois continuer à travailler, c’est mon gagne-pain quotidien, confie-t-il. J’ai peur, bien sûr, pour ma santé, mais je ne peux pas faire autrement, je dois nourrir ma famille. »

Comme lui, ils sont 12 millions de travailleurs informels au Pérou à exercer dans des conditions précaires : sans contrat de travail, ni protection sociale. Ils gagnent leur vie au jour le jour et touchent généralement moins que le minimum vital. Pour eux, le confinement n’est tout simplement pas viable.

Pas de recensement des travailleurs informels

Jessica est une mère célibataire qui tenait un stand de jus de fruits à ce carrefour du nord de la capitale. Aujourd’hui, elle y vend des masques en tissu aux rares passants. « On nous a dit de rester à la maison, mais toutes mes économies se sont épuisées, donc j’ai dû trouver un moyen pour continuer à nourrir mes filles. Du coup, je vends des masques pour se protéger du virus, à 50 centimes pièce. Avec ce travail, je gagne environ 5 euros par jour », détaille-t-elle.

Pour venir en aide aux plus vulnérables pendant le confinement, le gouvernement péruvien a annoncé le versement d’une subvention de 100 euros à 3,5 millions de foyers. « Je n’ai reçu aucune subvention, assure Jenni Tela, qui tient un stand de poulets dans ce quartier populaire de Lima. Ici, dans le quartier, personne n’a rien reçu alors que nous en avons tous besoin. »

Et pour cause, à ce jour, aucun registre officiel ne recense ces travailleurs informels, qui représentent pourtant 70 % des actifs au Pérou.

►À lire aussi: Pérou: inquiétude après l'adoption d'une loi protégeant policiers et militaires

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