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Coronavirus: 6,6 millions d'Américains se sont inscrits au chômage la semaine dernière

À Brooklyn, les bureaux du Département du travail de l'État de New York sont fermés en raison de l'épidémie de coronavirus.
À Brooklyn, les bureaux du Département du travail de l'État de New York sont fermés en raison de l'épidémie de coronavirus. REUTERS/Andrew Kelly

Les États-Unis ont enregistré près de 10 millions de nouvelles demande d'inscription au chômage en deux semaines, 6,6 millions rien que la semaine dernière. Les économistes avaient prévu une augmentation forte, mais pas à ce niveau record.

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Deux fois plus d'Américains ont déposé une première demande d'allocation chômage la semaine passée par rapport à la précédente : 6,6 millions de demandes supplémentaires. À la fin de la troisième semaine de mars, un premier record hebdomadaire avait été battu avec 3,3 millions de nouvelles demandes d’allocations chômage.

Ce chiffre déjà exceptionnel risque de continuer à augmenter, car l’assurance chômage a encore de nombreux dossiers en attente de traitement. Une augmentation aussi rapide est sans précédent. En deux semaines, les États-Unis ont enregistré autant de nouveaux demandeurs d’emploi que pendant les six premiers mois de la crise de 2008.

La presque totalité des inscriptions sont liées au Covid-19

Sans surprise en revanche, la presque totalité des inscriptions sont liées au Covid-19. Et le plan de relance ratifié vendredi dernier par Donald Trump devrait avoir pour effet de gonfler les rangs des demandeurs d'allocation puisque des personnes qui n'y avaient pas droit jusqu'à présent peuvent désormais y prétendre. C'est le cas des travailleurs indépendants ou à temps partiel qui peuvent désormais prétendre à des allocations, du fait de la loi passée en urgence pour soutenir l’économie, le cas également des personnes malades ou en quarantaine.

Autre indicateur de l'emploi aux États-Unis, le taux de chômage pour le mois de mars sera publié vendredi. Les analystes anticipent un taux à 4% contre 3,5% en février. Un chiffre qui ne reflètera sans doute pas la crise provoquée par le coronavirus. Ses véritables effets pourraient ne se faire ressentir qu'en avril sur cet indicateur.

Les licenciements ont été particulièrement rapides dans les petites entreprises qui ne bénéficient pas de la trésorerie suffisante pour maintenir les salaires de leurs employés, rapporte Anne Corpet, la correspondante de RFI à Washington. Mais les industries ont également réduit leurs effectifs, avec des pertes d’emploi massives dans les secteurs du transport et du tourisme.

Les secteurs les plus touchés sont naturellement les secteurs les plus touchés par le confinement c'est à dire la grande distribution, tout le secteur hôtels, restaurants, cafés, un certain nombre de petites entreprises perdent leur chiffre d'affaires. Au États-Unis, on licencie très facilement et il n'y a pas d'équivalent au chômage partiel.

Henri Sterdyniak, économiste à l’OFCE, spécialiste des États-Unis


♦ La restauration durement frappée à New York

À New York, parmi les secteurs les plus touchés, celui de la restauration où de nombreux établissements ont dû fermer. Reportage de notre correspondante à New York, Loubna Anaki

Installé à Brooklyn, le Rucola devait fêter ses 10 ans ce mois-ci. Au lieu de quoi, ce restaurant italien de New York a dû se séparer de la plupart de ses employés en l’espace de 24 heures. « On est passés d’une équipe de 40 à 4, explique une responsable. C’est terrible. On est une famille, des amis. »

Un réaménagement nécessaire en raison des restrictions mises en place par les autorités pour lutter contre l’épidémie de cornavirus.

« Nous avons dû changer notre menu, poursuit-elle. Désormais, nous prenons uniquement les commandes par téléphone. Et on fait ce qu’on peut. Et la ville nous a aussi autorisé à vendre notre vin et boissons. »

À New York, le secteur de la restauration emploie plus de 150 000 personnes dont la moitié aurait été licenciée depuis le début de l’épidémie. Pour tenter de soutenir leurs anciens employés, certains restaurants ont mis en place des collectes de fonds sur internet.

Les clients habituels, les voisins, sont appelés à faire des donations en échange de cadeaux ou de réductions sur les futurs repas.

En deux semaines, les 25 000 restaurants new-yorkais disent avoir perdu la moitié de leur chiffre d’affaires. 11% de ces établissements pourraient définitivement mettre la clé sous la porte avant la fin du mois.

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