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Avec la crise du coronavirus, des Américains dans l'incapacité de payer leur loyer

La queue devant un lieu d'encaissement des loyers, à New York, le 1er avril 2020.
La queue devant un lieu d'encaissement des loyers, à New York, le 1er avril 2020. REUTERS/Brendan Mcdermid

Aux États-Unis, derrière la crise sanitaire, se profile déjà la crise immobilière. Dans un pays où la protection sociale et l’épargne sont très faibles, des millions d’Américains licenciés en raison du coronavirus se retrouvent en grande précarité et risquent de ne plus pouvoir payer leur loyer, faisant craindre des expulsions en série comme lors de la crise des « subprimes » en 2008.

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Avec notre correspondant à San Francisco, Éric de Salve

C’est l’un des premiers signes tangibles de la crise économique due au coronavirus dans une première puissance mondiale quasiment dépourvue de filets de sécurité sociaux. Au 1er avril, parmi les 3,2 millions d’Américains licenciés du jour au lendemain en raison du coronavirus, beaucoup ne peuvent déjà plus payer leur loyer. D’autant que beaucoup ont été licenciés brutalement avec peu et parfois pas d’indemnités.

Car avant les premières mesures de confinement, en moyenne 40% des Américains avaient moins de 400 dollars sur leur compte. Or, aux États Unis, les indemnités chômage sont extrêmement faibles et le chèque de 1 200 dollars promis par le gigantesque plan d’urgence voté par le Congrès ne devrait pas être versé avant mi-avril.

Conséquences économiques en cascade

Résultat : selon les estimations du New York Times, à New York, ville la plus durement frappée du pays par le coronavirus, 40% des locataires risquent de ne pas pouvoir payer leur loyer ce mois-ci. Avec des conséquences économiques en cascade face aux impayés, de nombreux propriétaires se retrouvent dans l’incapacité de rembourser leurs prêts.

Et à New York comme à Seattle, Los Angeles et San Francisco, des appels à la grève des loyers fleurissent sur les murs et les réseaux sociaux. Alors, pour limiter l’impact de cette crise immobilière qui menace déjà, plusieurs gouverneurs ont décrété dans l’urgence un moratoire des expulsions locatives : 90 jours de sursis dans l’État de New York, 60 jours en Californie.

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