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Entretien

États-Unis: malgré son renoncement, Bernie Sanders a fait «bouger» le Parti démocrate

Joe Biden (à gauche), désormais unique candidat en lice à l'investiture démocrate pour la présidentielle américaine de 2020, aux côtés de Bernie Sanders, le 15 mars 2020.
Joe Biden (à gauche), désormais unique candidat en lice à l'investiture démocrate pour la présidentielle américaine de 2020, aux côtés de Bernie Sanders, le 15 mars 2020. Kevin Lamarque/Reuters

Il a fini par se plier à la loi des sondages. Mercredi 8 avril, Bernie Sanders a mis fin à sa campagne pour l’investiture démocrate à la présidentielle de novembre prochain aux États-Unis. Distancé par Joe Biden dans les enquêtes d’opinion, le sénateur du Vermont préfère se retirer pour ne pas attiser les tensions dans son camp. Entretien avec le journaliste Charles Voisin, journaliste et biographe de Bernie Sanders, auteur de « Quand la gauche se réveille aux États-Unis », paru en février aux éditions VA Press.

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RFI : C’était attendu, Bernie Sanders jette l’éponge. Sa décision ne surprend pas, c’est plutôt le moment qui interpelle. Pourquoi maintenant ?

Charles Voisin : La primaire du Wisconsin vient d’avoir lieu (mardi 7 avril), on aura les résultats lundi 13 avril, mais les sondages n’étaient pas favorables à Bernie Sanders et les jeux semblent être faits, à moins d’une énorme défaillance de Joe Biden. L’entourage de Bernie Sanders a d’ailleurs fait pression pour qu’il cesse sa campagne assez tôt dans le processus de désignation, à l’inverse de 2016, où il s’était maintenu le plus longtemps possible pour peser sur le programme d’Hillary Clinton. À l’époque, elle avait de vraies chances d’être élue. Aujourd’hui, la dynamique semble être du côté de Donald Trump et la priorité de Sanders, c’est de ne pas faire traîner les choses pour rassembler les démocrates face au président sortant.

Pourquoi a-t-il échoué ? À cause du manque de mobilisation des jeunes électeurs ?

Effectivement, le vote jeune, c’est l’une des clés, et les jeunes générations votent moins que leurs aînés. Mais surtout, aucun candidat démocrate ne peut l’emporter sans le vote afro-américain. Hillary Clinton en a bénéficié en 2016 et Joe Biden aussi cette fois-ci, du fait de leur proximité avec Barack Obama. Pendant cette campagne, Bernie Sanders a réalisé des scores un petit peu meilleurs qu’il y a quatre ans dans cet électorat afro-américain, mais ça n’a pas suffi.

Que reste-il de la campagne de Sanders ? A-t-il vraiment gagné, comme il l’affirme, la bataille idéologique ?

C’est paradoxal pour un homme qui vient de mettre un terme à sa campagne, mais ce n’est pas si faux que ça.

Depuis 2016, il a réussi à faire bouger l’ensemble du Parti démocrate sur sa gauche. Bernie Sanders n’est pas juste un candidat comme un autre, il est reconnu pour ses idées progressistes. Il défend une cause, il anime un mouvement très large qui séduit non seulement la jeunesse mais aussi des pans entiers de la société, attachés à son programme, en particulier à l’accès gratuit aux soins pour tous. Et Joe Biden va devoir en tenir compte : le parti est beaucoup plus centriste que sa jeune base militante. Il va falloir que les responsables démocrates affrontent cette réalité.

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