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Covid-19: manifestation de la faim dans la banlieue de Santiago du Chili

Des habitants d'une banlieue pauvre de Santiago protestent contre le manque de soutien du gouvernement en période de confinement, le 18 mai 2020.
Des habitants d'une banlieue pauvre de Santiago protestent contre le manque de soutien du gouvernement en période de confinement, le 18 mai 2020. REUTERS/Ivan Alvarado

Alors que le président chilien a décrété le confinement de la capitale, les habitants d’El Bosque, ville pauvre de la banlieue de Santiago du Chili, ont affronté la police ce lundi 18 mai pour protester contre les pénuries alimentaires liées au confinement.

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Les manifestants, souvent capuche sur la tête et masque sur le visage, ont lancé des slogans hostiles à un gouvernement de droite qui d'après eux les délaisse. « Ce n'est pas la quarantaine, c'est de l'aide, de la nourriture, voilà ce que demandent les gens en ce moment », a déclaré à l'Agence France-presse (AFP) une habitante, Veronica Abarca.

Agitation sociale

Des barricades ont été dressées, et la violence est monté jusqu'à des affrontements à coup de bâton et de jets de pierre du côté des manifestants, et de gaz lacrymogène et de canons à eau du côté des forces de l'ordre, a constaté un journaliste de l'AFP.

La police a fait état de 21 interpellations, étalées sur plusieurs heures dans l'après-midi. D'autres manifestations ont eu lieu en soirée dans trois autres endroits autour de Santiago. Un bus a été incendié, et des barricades ont aussi été dressées.

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La région de Santiago confinée depuis vendredi

Le gouvernement du président Sebastian Piñera avait décrété vendredi le confinement de toute la population de la région de la capitale, qui concentre 80% des cas de coronavirus du pays.

Mais depuis des mois déjà, l'activité économique, entre autres celle des commerces, de la construction et de divers services, a été ralentie pour tenter de freiner l'épidémie. « Je suis toiletteuse pour chiens, j'ai une petite entreprise. À moi, on ne donne aucune subvention étatique. J'ai quatre enfants, moi on ne m'aide pas parce que j'ai un commerce », a expliqué à l'AFP Paola Garrido.

Le maire défend sa population

La municipalité d'El Bosque a publié un communiqué où elle a dénoncé la détérioration de « la qualité de vie des habitants » et le manque de considération du pouvoir central pour les plus pauvres. « Ce sont ces habitants et habitantes qui, après plus d'un mois sans pouvoir travailler, sans avoir vu non plus de mesure concrète de la part de l'État, protestent aujourd'hui », a écrit le maire, Sadi Melo.

Avant même la crise sanitaire, le Chili, pays de 18 millions d'habitants, avait connu de longs mois d'agitation sociale et de violences, partis de l'annonce en octobre d'une hausse du prix du ticket de métro à Santiago. Dimanche, le président avait annoncé la distribution de 2,5 millions de colis alimentaires pour ses concitoyens les plus défavorisés.

(avec AFP)

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