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CUBA / AGRICULTURE / TOURISME

Les paysans cubains appelés à alimenter le tourisme

Des paysans au travail dans un champ à La Havane.
Des paysans au travail dans un champ à La Havane. AFP / Adalberto Roque

A Cuba, entre en vigueur ce jeudi 1er décembre 2011 une nouvelle mesure susceptible d'améliorer le sort des paysans : ils pourront désormais vendre directement une partie de leurs produits aux hôtels et aux entreprises touristiques.

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Depuis la révolution castriste, tous les paysans, qu'ils travaillent en coopérative ou à titre privé, étaient tenus de transférer l'ensemble de leurs produits à une entreprise d'Etat, Acopio, chargée de les acheter à prix fixe, déterminé avant la récolte, et de les commercialiser. En marge de ce dispositif hypercentralisé, la mesure qui autorise désormais les petits agriculteurs à proposer leur riz et leurs fruits et légumes directement aux hôtels et autres structures d'un tourisme devenu le deuxième secteur pourvoyeur de devises, ouvre une nouvelle brèche de taille. La viande, le lait, le café et le tabac ne sont pas concernés.

Acopio garde son emprise sur la majeure partie de la production agricole

Cette mesure s'ajoute à la distribution en usufruit, depuis 2008, d'1,3 million hectares de terres en friche à quelque 150 000 nouveaux candidats au travail agricole ; ceux-ci ont le droit, en contrepartie, de vendre aux habitants du voisinage, sur le site même de leur exploitation, une partie des denrées cultivées. Il s’agit d’une partie seulement, car Acopio garde son emprise sur la majeure partie de la production agricole cubaine. De même, les paysans qui choisissent, à partir de ce 1er décembre d'aller approvisionner les hôtels, à un prix négocié directement avec l'acheteur, ne sont pas dispensés pour autant de livrer l'essentiel de leur récolte à l'Etat.

Des ventes faites en pesos cubains, monnaie décrédibilisée

Autre réserve : les ventes ne peuvent se faire qu'en pesos cubains, cette monnaie « intérieure » décrédibilisée par son rapport au « peso convertible » (un peso cubain vaut 24 fois moins) et par le peu de débouchés qu'elle a aujourd'hui, même sur le marché local. S'ils veulent avoir accès au minimum vital que l'Etat ne leur fournit qu'imparfaitement, les Cubains doivent aujourd'hui trouver le moyen de compléter leurs très maigres salaires en se procurant des pesos convertibles.

Le tourisme : une rente qui coûte cher

Ce nouveau pas s'inscrit dans la politique de souplesse et d'efficacité que Raul Castro a entrepris d'appliquer à l'économie en général. La gestion lourde et bureaucratique d'Acopio, peu adaptée à la commercialisation de produits périssables, est à l'origine de nombreux gaspillages, alors que l'île doit par ailleurs importer 80% de son alimentation.

Au passage, les besoins du tourisme accaparent une bonne part de cette énorme quantité de denrées achetées à l'étranger. Cuba a ainsi importé l'an dernier « 1 360 tonnes de produits aussi ordinaires que des oignons, carottes, choux et citrons » pour ses hôtels, pouvait-on lire ces jours-ci dans le quotidien du Parti communiste cubain Granma.

Augmenter le rendement agricole

C'est aussi pour mettre fin à ces anomalies que le régime cherche à choyer un peu plus des campagnes en déshérence. Beaucoup de paysans ont été découragés, en un demi-siècle de « révolution », par le régime de survie, sans aucun intéressement les incitant à faire plus que le nécessaire, qui leur était imposé.

Ils comptent cependant toujours pour 19% de la population, lesquels ne produisent que 4% du PIB. Augmenter les surfaces cultivées et le rendement agricole est devenu une impérieuse nécessité pour Raul Castro qui cherche donc à stimuler la production, tout en restant dans les limites d'un idéal communiste hostile à l'enrichissement personnel.

Prochaine grande réforme : l'autorisation du crédit bancaire

Mais c'est la sécurité alimentaire du pays qui est en jeu, d'où les concessions actuelles à une timide et très encadrée notion de profit. Les paysans seront aussi parmi les bénéficiaires de la prochaine grande réforme en perspective : l'autorisation du crédit bancaire, qui deviendra accessible le 20 décembre prochain.

 

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