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Argentine

Argentine : les voyageurs disent adieu aux rames centenaires du métro de Buenos Aires

Des passagers dans «las brujas», les wagons centenaires de la ligne A du métro de Buenos Aires, le 11 janvier 2013.
Des passagers dans «las brujas», les wagons centenaires de la ligne A du métro de Buenos Aires, le 11 janvier 2013. REUTERS/Marcos Brindicci

Nouvelle polémique en Argentine au sujet du métro de Buenos Aires. Après un an de disputes entre le gouvernement national et la mairie de la ville, chacun affirmant que l’autre avait la tutelle du réseau de sorte que personne ne s’en occupait, le maire Mauricio Macri a accepté de le prendre en charge. Mais ses deux premières mesures ont suscité des protestations.

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De notre correspondant à Buenos Aires, Jean-Louis Buchet

C’est le dernier métro. En réalité, le dernier voyage de voitures centenaires. Las brujas, « les sorcières », surnommées ainsi parce que fabriquées à Bruges qui se dit Brujas en espagnol, ne rouleront plus sur la ligne A comme elles le faisaient depuis l’inauguration du métro en 1913. Sur décision du maire de Buenos Aires, Mauricio Macri, désormais en charge du réseau, les wagons belges aux sièges en bois seront remplacés par des voitures chinoises dernier cri.

Des milliers de personnes sont venues dire adieu aux « sorcières ». Comme Aurora, une retraitée : « J’ai voyagé plus de 65 ans sur la ligne A. Ces wagons sont magnifiques ! Pensez aussi que ce fut la première ligne de métro des Amériques ! Cela fait partie de notre patrimoine. Moi, je garderais deux ou trois trains complets, restaurés, et les ferai rouler samedi et dimanche, pour le plaisir des enfants, et des adultes aussi ! »

Sur le quai, l’ambassadeur de Belgique, ému, improvise une conférence : « Ces wagons qui ont un siècle sont l’expression du travail bien fait et de la qualité de l’industrie belge. J’en suis très fier ! »

Le métro de Buenos Aires, l’un des plus anciens du monde, a longtemps été une fierté nationale. Mais le réseau n’a pas été développé depuis des décennies et l’on y voyage mal. Mauricio Macri dit vouloir le relancer : « Notre engagement, c’est le meilleur service possible au coût le plus bas. Nous allons lancer un programme d’investissements qu’aurait dû mettre en œuvre le gouvernement national depuis dix ans mais il ne l’a pas fait ».

Augmentation du prix du ticket

Sauf que la première mesure du maire a été l’annonce d’une augmentation du ticket, de 2,5 à 3,5 pesos, 50 centimes d’euro, aussitôt dénoncée par la gauche. Alejandro Bodart, du mouvement socialiste des travailleurs : « Nous trouvons insensé d’augmenter le ticket. Ce qui va se passer, c’est qu’une partie importante de la population ne pourra plus voyager. Comme ce fut le cas avec la dernière augmentation, où 20% des usagers ont abandonné le métro ».

La présidente Cristina Kirchner s’en est elle-même émue : « Porter à 3,50 pesos le ticket se traduira par une perte de pouvoir d’achat pour des milliers de personnes qui utilisent ce service ».

Si le métro est plus cher, une partie des usagers se tournera vers les bus ou les trains de banlieue, également surchargés, mais qui dépendent du gouvernement national et dont les tarifs sont plus accessibles. Avec ses 14 millions d’habitants, l’agglomération de Buenos Aires aurait besoin d’une agence régionale des transports. On en prend d’autant moins le chemin que la présidente et le maire de la ville sont des adversaires politiques.

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