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Chili

Chili: quel avenir pour le projet hydroélectrique HidroAysén?

Manifestation contre HidroAysén dans la région d’Aysén dans le Sud du Chili, 2011.
Manifestation contre HidroAysén dans la région d’Aysén dans le Sud du Chili, 2011. International Rivers

HidroAysén s'attire les foudres des écolos et d’une large partie de la population chilienne. Ce projet colossal de cinq centrales hydroélectriques en Patagonie est paralysé depuis deux ans. Pablo Longueira, le candidat pour la présidentielle de la coalition de droite, le soutient, contrairement à la socialiste Michelle Bachelet. Le gouvernement devrait reprendre l’étude du dossier en août 2013.

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De notre correspondante à Santiago,

« HidroAysén n’est pas viable ». Michelle Bachelet n’y va pas par quatre chemins. Le 23 juin dernier lors d’un débat télévisé avec les trois autres candidats aux primaires de la gauche, l’ancienne présidente du Chili a indiqué que « le projet ne devait pas se poursuivre », lui préférant « des énergies plus propres et moins chères » dans le but de « diversifier la politique énergétique » du pays.

Plus de 7 Chiliens sur 10 opposés au projet

Comme Michelle Bachelet, plus de 7 Chiliens sur 10 sont opposés à HidroAysén, d’après un sondage du quotidien de centre droit La Tercera (74% en mai 2011). Ce mégaprojet prévoit de construire cinq barrages sur les fleuves Baker et Pascua dans la région d’Aysén en Patagonie. Si ces barrages étaient construits, onze réserves naturelles, six parcs nationaux et 4 000 habitants seraient affectés par des inondations. Au total, 10 000 hectares seraient engloutis sous les eaux selon les associations, 6 000 selon HidroAysén. Le transport de l’énergie hydroélectrique jusqu’à Santiago, à 2 200 kilomètres au Nord, nécessiterait l’installation d’au moins 1 500 tours d’électricité à haute tension. Des tours « hautes comme des immeubles de vingt étages » selon Claudia Perez, militante du Parti progressiste (PRO, gauche).

Financée par Douglas Tompkins, un Américain millionnaire et propriétaire du parc naturel Pumalin en Patagonie, la campagne Patagonie sans barrages mène la fronde depuis 2006 contre les deux entreprises porteuses du projet HidroAysén, Endesa et Colbun. Daniel Fernandez, le vice-président d’HydroAysén veut convaincre. Ce projet est « le plus efficace du monde, dit-il en avançant que pour chaque hectare inondé 3,12 gigawatts/heure seraient produits ».

Un besoin important d'énergie

Le 24 juin dernier, au lendemain des propos de Michelle Bachelet sur la non-viabilité d’HidroAysén, Daniel Fernandez a fustigé « l’absence de politique énergétique des différents gouvernements » avant de prévenir que « le prochain cabinet connaîtra un grave problème d’énergie » s’il n’augmente pas l’offre au Chili. Pays en voie de développement avec une croissance annuelle de près de 6% du PIB depuis 2010, le Chili -et surtout son industrie minière- a besoin d’énergie, les ménages consommant 17% de l’électricité du pays. Aujourd’hui près de 400 millions d’euros sont investis dans des projets d’énergie renouvelable. Ces dix dernières années, le charbon a reçu 70% des financements des nouveaux projets énergétiques.

HidroAysén divise, mais au lendemain des primaires en vue de la présidentielle du 17 novembre, Daniel Fernandez peut souffler. Un peu. Car c’est un candidat favorable au projet qui a gagné les primaires de l’Alliance -la coalition de droite (51% face à Andrés Allamand, le candidat de droite modérée du parti du président Sebastian Piñera). Contrairement à Andrés Allamand qui considérait HidroAysén « mort », Pablo Longueira rappelle que « le projet est presque approuvé bien que la population se mobilise. Si nous n’utilisons pas les ressources hydriques de la région d’Aysén, l’énergie la plus propre du pays, le pays sera rempli de centrales thermoélectriques ».

Les opposants à la construction de ces cinq barrages se détendent eux aussi après le résultat des primaires, mais pour une autre raison. Patricio Rodrigo, secrétaire du Conseil de défense de la Patagonie se dit « optimiste » et « convaincu qu’HidroAysén ne verra pas le jour ». Il croit en l’élection de Michelle Bachelet, la désormais candidate présidentielle du pacte de la Nouvelle Majorité (coalition de gauche), qui a clairement affiché son rejet au projet. Michelle Bachelet a été élue dimanche dernier à 73,05% des voix au sein de sa coalition.

Aucun procès contre HidroAysén en cours

Aujourd’hui, aucun procès contre HidroAysén n’est en cours devant les tribunaux. La Cour Suprême chilienne a rejeté les neuf recours du Conseil de défense de la Patagonie l’an dernier. Mais une soixantaine de plaintes ont été déposées au Comité des ministres, et c’est de cette instance que dépend la construction des cinq barrages. Contacté cette semaine, le cabinet de la ministre de l’Environnement assure que le Comité des ministres pourrait examiner les plaintes « en août ». Depuis près de deux ans, le gouvernement repousse l’examen de ces plaintes, conscient de la révolte populaire que pourrait susciter un feu vert à HidroAysén. Il faudra sûrement attendre la prise de fonctions du nouveau chef de l’Etat en mars prochain pour connaître l’avenir définitif de HidroAysén.

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