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Colombie

Colombie: les FARC admettent avoir enlevé un général

Félix Antonio Muñoz (C), alías Pastor Alape, chef du bloc du Magdalena Medio et membre du secrétariat des Farc s'est exprimé face à la presse, le 18 novembre 2014 à La Havane.
Félix Antonio Muñoz (C), alías Pastor Alape, chef du bloc du Magdalena Medio et membre du secrétariat des Farc s'est exprimé face à la presse, le 18 novembre 2014 à La Havane. REUTERS/Enrique De La Osa

Suite à l'annonce dimanche du président colombien Juan Manuel Santos de suspendre les négociations de paix de La Havane, après l'enlèvement d'un général et des deux personnes qui l'accompagnaient dans l'ouest du pays, la délégation des FARC a tenu une courte conférence de presse ce mardi. La guérilla confirme détenir les trois individus.

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Mardi, les FARC ont soufflé le chaud et le froid, relate notre correspondant à Bogota Marie-Eve Detœuf. Celui qui s'est exprimé en premier, Félix Antonio Muñoz (alias Pastor Alape), est chef du bloc du Magdalena Medio et membre du secrétariat des FARC. Il est recherché pour trafic de drogue par les Etats-Unis, qui offrent une récompense de 2 millions et demi de dollars pour sa capture.

« La délégation de paix des FARC EP manifeste sa surprise à l'annonce du président Santos de suspendre les discussions de paix de La Havane, a-t-il dit. Le processus de paix dont les avancées ont donné l'espoir de la réconciliation ne peut pas prendre de risques avec des décisions impulsives. Nous voulons que cette impasse soit résolue le plus vite possible, pour que le processus continue d'avancer sans obstacle jusqu'à l'accord final. »

Dans un premier temps, aucune information n'a été fournie sur le Front 34 des FARC opérant dans la région du Choco, où le général et les deux personnes qui l'accompagnaient ont été enlevés. « Nous n'avons pas encore d'information concrète sur ce qui inquiète beaucoup d'entre vous et qui a conduit le président à prendre cette décision unilatérale de suspendre les discussions, expliquait Félix Antonio Muñoz. Les opérations militaires déployées sur le terrain empêchent la rapidité des communications. »

« Nous respectons la vie et l'intégrité physique et morale de nos prisonniers »

La délégation des FARC à La Havane devait en fait s'adresser de nouveau à la presse une heure plus tard, pour confirmer l'enlèvement du général Alzate en assurant ne pas connaître son sort. Elle précisait que son mandat était de parvenir à un accord de paix, mais qu'elle pourrait néanmoins faciliter un mécanisme pour résoudre cette situation, afin que les discussions de paix puissent reprendre.

C'est finalement par communiqué de presse, délivré via leur compte Twitter, que les FARC ont définitivement confirmé la détention des trois individus. Dans ce communiqué, l'état-major du bloc Ivan Rios indique que cette interpellation a été réalisée le 16 novembre à 15h par une unité des FARC dans la localité de Las Mercedes, dans le département du Chocó, qui borde le Pacifique jusqu’à la frontière du Panama.

Des guérilléros ont intercepté l’embarcation dans laquelle se trouvaient le général Alzate, le caporal Jorge Contreras Rodriguez et l’avocate de l'armée Gloria Urrego, sur la rivière Atrato. Ils leur ont demandé de s’identifier, car ils étaient habillés en civils, et les ont détenus car il s'agissait « de personnel militaire ennemi qui était en fonction dans une zone de guerre », précise le communiqué. « Nous respectons la vie et l'intégrité physique et morale de nos prisonniers et sommes pleinement disposés à les garantir dans la mesure où la colère de l'Etat le permettra », peut-on lire, en référence au déploiement de forces militaires dans la région.

Une solution rapide dans quelques heures, ou quelques semaines ?

Les guérilléros refusent le terme d'enlèvement. A leurs yeux, le général Alzate est un prisonnier de guerre et sa capture est légitime, puisqu'aucun cessez-le-feu n'a été convenu avec l'armée. Le gouvernement colombien a en effet choisi, depuis deux ans, de négocier la paix tout en maintenant la pression militaire sur les rebelles. A écouter les FARC, le général Alzate, à la tête d'une force d'élite, aurait des comptes à rendre « à la justice populaire ». La formule peut faire craindre le pire, même si les FARC se sont engagés à garantir son intégrité physique si l'armée n’intervient pas.

Les guérilléros disent souhaiter une solution rapide et censée au problème posé par la détention du général. Ils souhaitent reprendre les négociations. Le risque d'une rupture définitive du processus de paix semblait donc écarté mardi soir. Mais la solution rapide dont parle les FARC est-elle question d'heures, de jours ou de semaines ? Les guérilléros eux-mêmes n'en savent peut-être rien. Des sénateurs et représentants de la commission de paix en Colombie ont publié de leur côté un communiqué appelant à la libération immédiate des otages et à la reprise des discussions à La Havane.

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