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Brésil

Petrobas, un scandale de corruption brésilien de plus de 3,5 milliards

Au cœur du scandale, les dizaines d’entreprises de construction et sous-traitants pétroliers qui ont truqué en les surévaluant les contrats passés avec Petrobras.
Au cœur du scandale, les dizaines d’entreprises de construction et sous-traitants pétroliers qui ont truqué en les surévaluant les contrats passés avec Petrobras. ( Photo : AFP )

Un scandale de corruption frappe le Brésil en ce moment : les sommes détournées sont tellement énormes que jamais le pays n’avait vu un tel vol organisé dans son histoire. Plus de 3,5 milliards d’euros ont été volés. Une somme astronomique qui aurait été détournée des comptes de Petrobras, le géant pétrolier brésilien. Petrobras, c’est aussi le nom que porte ce scandale de corruption « milliardaire » qui affecte le Brésil depuis plusieurs semaines.

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De notre correspondant à Rio de Janeiro

Le scandale Petrobas a été révélé par l'opération de police Lava Jato (Karcher en français). Cette opération des policiers fédéraux brésiliens a démontré l’implication des principales entreprises de construction du pays, de Petrobras et de grands partis politiques brésiliens ; ils sont accusés d'avoir touché pendant des années un pourcentage fixe des sommes volées, dont une infime partie a été jusqu’à présent retrouvée par la police fédérale brésilienne. C’était un système de blanchiment d'argent très bien organisé. L’enquête de la police fédérale, dont la presse brésilienne révèle régulièrement les avancées, permet de s’en faire une idée très précise.

Des contrats artificiellement gonflés

En cause, les dizaines d’entreprises de construction et sous-traitants pétroliers qui ont truqué en les surévaluant les contrats passés avec Petrobras, comme ceux qui concernaient la construction de raffinerie, par exemple. A chaque fois, la valeur du contrat était artificiellement gonflée, de plusieurs centaines de millions d’euros parfois, et les responsables de ce système se partageaient les bénéfices. L’enquête est en cours, et vendredi dernier, la police a encore interpellé une trentaine de personnes dont un ancien directeur de Petrobras.

Tous les jours, de nouveaux éléments sont dévoilés dans la presse. Une sorte de feuilleton incroyable, d’autant le juge en charge du dossier incite certains accusés à collaborer avec la justice, en dénonçant leurs complices, en échange de réduction de peine. Alors les langues se délient, et la police fédérale enchaîne les arrestations.

Des politiques impliqués

Désormais, plusieurs partis politiques, dont celui de la présidente Dilma Rousseff, sont impliqués dans le scandale. Selon la police et les témoignages de certains accusés, le Parti des travailleurs percevait 3% des montants détournés, un pourcentage inférieur était alloué au parti social-démocrate, celui de son concurrent Aecio Neves, lors du deuxième tour de la présidentielle.

Aujourd’hui, toute la classe politique brésilienne tremble. Car un nombre sans cesse grandissant de dirigeants semblent mouillés jusqu'au cou. Alors tout le monde s’interroge : jusqu'où ira le scandale Petrobas ? Dernier épisode en date, la révélation dimanche, dans l’hebdomadaire Veja, d’un email qui date de 2009. A l’époque, Dilma Rousseff occupait le poste de Premier ministre du président Lula. Dans ce courrier électronique, l’un des directeurs de Petrobras avertit Dilma Rousseff des malversations en cours. Ce même directeur a d’ailleurs été arrêté durant l’opération Karcher, et il est en résidence surveillée.

Récemment, on a appris que l’ancien président Lula conseillait à l’actuelle présidente Dilma Rousseff d’attendre encore avant d’officialiser la composition de son gouvernement, afin d’être sûre qu’aucun membre n’apparaitra dans le scandale Petrobras.

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