Accéder au contenu principal
Etats-Unis

La colère de Ferguson résonne à travers tous les Etats-Unis

Un manifestant arborant un drapeau américain lors d'une manifestation à Oakland (Californie) réclamant la justice pour Michael Brown, le jeune Noir abattu par un policier le 9 août 2014 à Ferguson.
Un manifestant arborant un drapeau américain lors d'une manifestation à Oakland (Californie) réclamant la justice pour Michael Brown, le jeune Noir abattu par un policier le 9 août 2014 à Ferguson. REUTERS/Elijah Nouvelage

Les manifestations qui ont éclaté lundi soir, à Ferguson, après l’annonce de l'absence de poursuites pour le policier blanc qui avait abattu Michael Brown le 9 août dernier, se répandent désormais à travers l'ensemble du pays. Depuis son fief de Chicago, Barack Obama a condamné les actes « criminels » de certains manifestants.

Publicité

La colère des habitants de Ferguson a trouvé de l’écho dans l'ensemble des Etats-Unis, relate notre correspondant à Washington Jean-Louis Pourtet. La chaîne de télévision américaine CNN dénombrait mardi soir 37 Etats dans lesquels des manifestations étaient organisées pour réclamer justice en faveur de Michael Brown, le jeune Noir abattu le 9 août 2014 par un policier.

Des manifestations ont eu lieu dans toutes les grandes villes des Etats-Unis, de New York à Los Angeles, en passant par Chicago, où se trouvait Barack Obama. Le président américain a condamné les auteurs des actes de vandalisme : « Brûler des bâtiments, mettre le feu à des voitures, détruire des biens, mettre des gens en danger : il n’y a aucune excuse à cela. Ce sont des actes criminels. »

« J'ai appuyé sur la gâchette »

Mais Barack Obama s’est également dit prêt à travailler avec ceux qui veulent utiliser des moyens constructifs pour créer de meilleures relations entre la police et les minorités. C’est ce que va s’attacher à faire son ministre de la Justice, Eric Holder. « Ce que nous voyons à Ferguson n’est pas limité à Ferguson, et nous, au ministère de la Justice, sommes bien décidés à faire tout ce que nous pouvons pour réduire ces tensions », a déclaré ce dernier.

Dans sa première interview à la chaîne ABC, le policier Darren Wilson a raconté que lors de son altercation avec Michael Brown dans sa voiture, il avait essayé de tirer sur le jeune Noir de Ferguson, mais son arme s’était enrayée à deux reprises. « Je me suis dit : " Il faut que cette fois ça fonctionne, sinon je suis fini. Il va prendre mon revolver et si ça arrive, je serai mort " », a raconté le policier, avant d'ajouter : « J’ai appuyé sur la gâchette une nouvelle fois, et enfin, le coup est parti. » Dans son interview, Darren Wilson a également affirmé qu’il aurait agi exactement de la même manière si Michael Brown avait été un Blanc.

« Le mouvement va faire des émules »

Le révérend Al Sharpton, militant des droits de l’homme et acteur politique, est allé mardi soir réconforter la famille de Michael Brown à Ferguson. Selon lui, le mouvement protestataire entrainé par la mort de l’adolescent, et par la décision de ne pas inculper le policier qui l’a tué, est légitime : « Le seul moyen pour que ce soit pacifique, est de rendre la justice. Ici, ils veulent la tranquillité, ils veulent juste que les gens se taisent. »

« On a besoin de justice, on ne peut pas laisser un procureur pervertir un grand jury de cette manière et annoncer ensuite que nous n’irons même pas au procès, plaide Al Sharpton. Ce n’est pas juste. Je suis contre la violence, et j’espère que le ministère de la Justice engagera une enquête fédérale qui aboutira à un procès. Ce n’est pas dans les mains d’Obama, c’est le département de la Justice. Si vous regardez le dossier Rodney King, nous avons perdu au niveau de l’Etat et gagné au niveau fédéral. Donc nous sommes déjà passés par là, et nous irons au bout de la même manière. »

Trouver un sens à la mort de Brown 

Reportage dans les rues de Ferguson

Les habitants de Ferguson, fatigués et en colère, sont toujours dans la rue, rapporte notre envoyée spéciale Anne-Marie Capomaccio. Dans la nuit de mardi à mercredi, une centaine de personnes manifestaient devant le poste de police. En face : autant de membres de la garde nationale. Le maire de Ferguson a appelé des renforts et ces derniers sont visibles. Pourquoi n’étaient-ils pas là dès lundi soir ? Pour les organisateurs du mouvement pacifiste, tout ceci a été fait pour pousser les manifestants à la faute, pour laisser le champ libre aux casseurs, et pour discréditer le mouvement populaire.

Reportage dans les rues de New York

Aujourd’hui, le mouvement peu s’ancrer dans la durée. « Je pense que ce mouvement va se répandre à travers tous les Etats-Unis, car nous avons des cas dans tout le pays, comme cet enfant de 12 ans tué à Cleveland l’autre soir. Le problème est partout ! Oui, le mouvement va faire des émules », analyse le militant Al Sharpton. C’est quoi qu'il en soit le pari des organisateurs, qui y travaillent. On voit les mouvements tels que la NAACP, le plus ancien lobby afro-américain, ou des activistes expérimentés, donner des conseils pour insuffler du sens à cette protestation.

Les anciens sont quelque peu débordés par la nouvelle génération, par sa colère et son impatience. Ils doivent trouver un sens à la mort de Michael Brown, et exploiter au sens noble ces sentiments, afin que cette nouvelle génération ne perde pas espoir, 50 ans après la déségrégation. On espère un procès au niveau fédéral, ou une loi une « loi Mike Brown », qui obligerait les policiers à porter une mini caméra. On saurait ainsi qui ment et qui dit la vérité. Ce système est déjà utilisé dans le Maryland par exemple.

→ À (RE)LIRE : Ferguson à la Une de la presse française du mardi 26 novembre

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.