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Cuba / Etats-Unis

Vague d'arrestation de dissidents à Cuba

L'artiste Tania Bruguera a été arrêtée par les autorités cubaines alors qu'elle organisait une performance artistique pour revendiquer la liberté d'expression
L'artiste Tania Bruguera a été arrêtée par les autorités cubaines alors qu'elle organisait une performance artistique pour revendiquer la liberté d'expression REUTERS/Enrique De La Osa

Quinze jours après le rapprochement diplomatique entre Cuba et les Etats-Unis, 51 dissidents ont été arrêtés par les autorités cubaines, mardi soir, à La Havane. Objectif : empêcher une tribune publique d’avoir lieu. Ces arrestations ont fait réagir Washington. Le département d'Etat s’est dit préoccupé et a condamné la poursuite du harcèlement et le recours à des arrestations arbitraires.

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L'artiste Tania Bruguera avait prévu, sur la place de la Révolution, une performance artistique pour revendiquer la liberté d'expression de chaque citoyen. Elle entendait permettre aux Cubains de s'exprimer pendant une minute sur « des thèmes qui les préoccupent ». Mais elle a été arrêtée car le gouvernement voyait dans l'organisation de cet événement une provocation politique.

Comme elle, 50 autres d'opposants au régime ont été interpellés. Parmi eux, le mari de Yoani Sanchez, la célèbre blogueuse anti-castriste, Reinaldo Escobar, le rédacteur en chef du site d'information et d'opinion 14ymedio, Eliecer Avila, leader du groupe d'opposition Somos Mas. Yoani Sanchez, elle, a été assignée à résidence afin qu'elle n'accède pas à la place de la Révolution.

Des arrestations brèves

Ces arrestations ne durent en général pas longtemps. Certains dissidents ont d'ailleurs été libérés dans la nuit suivant leur interpellation. Tania Bruguera a ainsi été libérée mercredi à la mi-journée, avant d'être de nouveau interpellée dans l'après-midi, au moment de s'exprimer devant des journalistes sur le Malecon, le célèbre boulevard du bord de mer à La Havane. La police l'a finalement relâchée une deuxième fois mercredi soir.

« Ils voulaient que je signe une déclaration m’accusant de vouloir créer du désordre public, explique t-elle. Je leur ai répondu que ce n’était pas vrai. J’ai ensuite refusé de parler et de manger. Après ils m’ont présente à un autre officier, plus gradé et j’ai également refusé de lui parlé. Ce dernier m’a posé des questions sur les journalistes et sur mon projet de la place de la Révolution. »

A Cuba, tous les droits civiques et politiques sont criminalisés, commente Elizardo Sanchez, président de la Commission cubaine des droits de l'Homme, qui dénonce une réponse répressive du gouvernement contre des personnes qui voulaient exercer un droit à la liberté d'expression et de réunion pacifique. Comme les droits civiques sont criminalisés, les dissidents sont donc arrêtés, pour incitation à la délinquance. 

Des arrestations qui vont raviver les critiques de ceux qui désapprouvent le rapprochement entre Etats-Unis et Cuba

Ces arrestations surviennent deux semaines après l'annonce historique par Washington d'une normalisation des relations des Etats-Unis avec Cuba. Elles devraient raviver les critiques de ceux qui désapprouvent ce rapprochement et estiment que les Etats-Unis auraient d'abord dû obtenir des concessions de la Havane en ce qui concerne les droits de l'Homme avant de s'engager vers le rétablissement de leurs relations diplomatiques. Mais les Etats-Unis dénoncent aujourd'hui la répression et encourage vivement Cuba « à respecter les droits humains universels des citoyens cubains ».

Il y a quinze jours, Raul Castro s'était dit prêt à aborder tous les sujets avec Washington tout en précisant qu'il n'avait pas l'intention de changer sa politique. De fait, pour Elizardo Sanchez, le gouvernement cubain maintient sa capacité répressive et son intolérance. Le rétablissement des relations avec les Etats-Unis est un acte à valeur géopolitique mais, selon le président de la Commission cubaine des droits de l'Homme, à court terme pour le moins, cela n’aura pas d’effet à l’intérieur de Cuba : le gouvernement continuera la politique de répression envers toute tentative d’exercer des droits civiques.

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