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Canada

Le Canada présente son plan antiterroriste

Steven Blaney, le ministre de la Sécurité publique canadien, le 17 février 2015, à Ottawa, au Canada.
Steven Blaney, le ministre de la Sécurité publique canadien, le 17 février 2015, à Ottawa, au Canada. REUTERS/Chris Wattie

Le ministre de la Sécurité publique canadien Steven Blaney a participé jeudi au sommet international sur le terrorisme à Washington. Il a notamment présenté l’essentiel du nouveau projet de loi C51 destiné à combattre le terrorisme sur le sol canadien, un texte dont les députés discutent actuellement.

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Ce projet de loi, très touffu, donne essentiellement des pouvoirs accrus à l’agence canadienne de renseignement. Désormais, ces agents, qui ne sont pas des policiers, disposeront de moyens supplémentaires pour contrer des individus qui feraient l’apologie du terrorisme. Ils pourront même saisir des équipements d’un groupe ou de personnes que l’on soupçonne de vouloir commettre un acte terroriste.

Les échanges d’information entre le service des douanes, la police, l’agence de renseignement seront facilités. Cela permettrait, par exemple, d’annuler la réservation aérienne d’un voyageur que l’on soupçonnerait de vouloir commettre un acte terroriste. Ou d’agir contre quelqu’un qui préconise le terrorisme sans que l’on sache s’il va vraiment passer à l’acte.

Les raisons de ces mesures

Cela fait des semaines que le Premier ministre martèle que le terrorisme jihadiste n’est pas une possibilité lointaine, mais une réalité actuelle. Les deux attentats cet automne au Canada, dont l’un contre le Parlement, quand un homme a fait feu dans cette institution tuant un soldat, ont secoué l’opinion publique. Se sont ajoutés ensuite les événements sanglants en France, en Australie, à Copenhague.

Un sondage tout juste réalisé montre d’ailleurs que 4 Canadiens sur 5 approuvent les changements pour donner davantage de pouvoir à l’agence de renseignement et qu’un tiers des personnes interrogées trouvent même que le texte proposé ne va pas assez loin. Un appui qui concerne les Canadiens d’un parti à l’autre, et d’un bout à l’autre du pays.

La réaction des partis d’opposition

Le Parti libéral semble plutôt en accord avec les mesures anti-terroristes proposées, mais souhaite quand même y apporter des modifications. Le nouveau parti démocratique, plus à gauche, s’y oppose par contre. À l’image d’organismes comme Amnesty International, ou l’association de défenses des libertés civiles, le NPD s’inquiète du manque de garde-fous dans la loi.

Le texte proposé par le gouvernement conservateur reste, en effet, assez vague sur les mécanismes de surveillance de l’Agence canadienne des renseignements. Cette absence de contrôle a d’ailleurs alerté d’anciens Premiers ministres et des juges de la Cour suprême qui ont signé une lettre dans les journaux jeudi à ce sujet. Le fait de simplement soupçonner une personne de terrorisme peut provoquer sa détention pendant une semaine.

Les néo-démocrates, et d’autres défenseurs des droits craignent également que le gouvernement ne profite de cette loi pour s’en prendre à n’importe quel groupe ou organisation en désaccord avec leurs politiques. Qu’ils soient ou non terroristes.

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