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Chili

Chili: face à une crise de confiance, Bachelet rénove son gouvernement

Après avoir demandé la démission de tous ses ministres, la présidente du Chili Michelle Bachelet a décidé d'en garder 18 sur 23.
Après avoir demandé la démission de tous ses ministres, la présidente du Chili Michelle Bachelet a décidé d'en garder 18 sur 23. Gobierno de Chile

Mercredi 6 mai, Michelle Bachelet, la présidente chilienne, annonçait lors d’un programme télévisé avoir demandé la démission de tous ses ministres. Une première dans l’histoire du Chili. Cinq jours plus tard, seuls 5 des 23 ministres qui composaient son gouvernement quittent leurs postes, alors que quatre portefeuilles ministériels ont été modifiés.

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« Aujourd’hui, il est temps de donner une nouvelle impulsion au gouvernement. » C’est avec ce préambule que Michelle Bachelet a annoncé la composition de sa nouvelle équipe gouvernementale.

Elue il y a 14 mois avec plus de 60 % des voix, la présidente chilienne est au plus mal dans les sondages. En effet, 64 % des Chiliens estiment qu’elle gère mal les affaires du pays. L’annonce de la composition de ce nouveau cabinet était donc très attendue et le remplacement de Rodrigo Peñalillo, jusqu’à présent ministre de l’Intérieur, par Jorge Burgos, ancien ministre de la Défense, est un signe fort.

Rodrigo Peñalillo était considéré comme le fils spirituel de Michelle Bachelet. Avec Alberto Arenas, débarqué du ministère des Finances, il était à l’origine du programme électoral qui a permis à la présidente de s’imposer lors de la présidentielle. Michelle Bachelet se sépare donc de ses deux plus fidèles « lieutenants ».

C’est d’ailleurs la première fois depuis le retour de la démocratie au Chili qu’un ministre des Finances quitte ses fonctions. Et les défis qui attendent son remplaçant Rodrigo Valdés sont colossaux, selon la presse chilienne. Avec des indicateurs de croissance inférieurs aux prévisions et un secteur privé délaissé depuis le retour aux affaires de Michelle Bachelet, rétablir la confiance ne sera pas chose aisée.


• Les explications de notre correspondante à Santiago du Chili, Claire Martin

En sacrifiant ses ministres de l'Intérieur et des Finances, en plus du porte-parole du gouvernement, Michelle Bachelet s'est séparée de ses plus fidèles collaborateurs, ceux en qui elle a le plus confiance, ceux qui l'ont suivie durant toute la campagne électorale et qui incarnaient le renouveau en politique au Chili.

Face à une crise politique sans précédent depuis la fin de l'ère Pinochet, provoquée par des scandales de corruption, la socialiste tente ainsi de donner à son gouvernement un nouveau souffle. Mais elle vient au passage de lui donner une note plus conservatrice, que l'opposition de droite applaudit.

Le nouveau ministre de l'Intérieur, le démocrate chrétien Jorge Burgos, est ainsi plus au centre que son prédécesseur, plus proche de la vieille garde du centre gauche. Quant au nouveau ministre des Finances, Rodrigo Valdés, il est plus libéral et plus proche du secteur privé.

Alors que la présidente tente de redorer le blason de la politique, avec des réformes anti-corruption, les nouveaux ministres se devaient d'être blancs comme neige. Or, le porte-parole du gouvernement et le ministre chargé des relations entre le gouvernement et le Parlement, ont tout deux fait partie d'une entreprise de lobbying chargée d'influencer les décisions législatives en faveur de leurs clients. Les critiques fusent déjà.

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