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Chili

Deux étudiants meurent en marge d'une manifestation au Chili

Des étudiants tentent d'aider l'un des leurs mortellement touché par balle lors de la manifestation du 14 mai à Valparaiso.
Des étudiants tentent d'aider l'un des leurs mortellement touché par balle lors de la manifestation du 14 mai à Valparaiso. REUTERS/Pablo Vanni

Large mouvement de contestation au Chili. Dans plusieurs grandes villes du pays, dont la capitale Santiago, des milliers d'étudiants et d'enseignants ont manifesté pour réclamer une réforme en profondeur du système d'éducation. Dans certaines villes, les rassemblements ont dégénéré. A l'instar de Valparaiso, où deux étudiants ont été tués jeudi 14 mai 2015.

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La mort de deux jeunes de 18 et 24 ans, jeudi dans la ville portuaire de Valparaiso, a plongé dans le deuil le mouvement de contestation. La vice-présidente de la Fédération des étudiants de l'université du Chili, Javiera Reyes, relate les faits : « Il y a eu deux morts à Valparaiso. Deux jeunes ont été tués par balles par un civil, alors qu’ils étaient en train de coller des affiches sur les murs d’un immeuble. Cette nouvelle nous a beaucoup affectés. »

Selon des témoins cités par l'Agence France-Presse, les coups de feu mortels auraient été tirés par un jeune homme de 22 ans vivant dans une batisse où les manifestants voulaient coller leurs affiches. Il a été arrêté. Après le drame, dans la soirée, des bougies ont été allumées à Valparaiso en hommage aux deux étudiants tués.

Valparaiso, le 14 mai 2015.
Valparaiso, le 14 mai 2015. REUTERS/Rodrigo Garrido

La présidente Bachelet face à sa promesse de gratuité

La manifestation à Valparaiso s'inscrit dans un large mouvement de contestation. La présidente socialiste du Chili, Michelle Bachelet, a entamé une vaste réforme du système éducatif, jusqu'à présent largement privatisé et inégalitaire. Mais étudiants et enseignants craignent que la réforme, dont un premier volet a été approuvé en janvier, n'aille pas assez loin. La première partie de la réforme visait à mettre fin à la sélection des étudiants et aux profits dans les écoles subventionnées par l'Etat.

Alors que les enseignants demandent pour leur part de meilleurs salaires, difficile de savoir comment la présidente de la République tiendra désormais l'une des promesses majeures de sa dernière campagne, à savoir la gratuité dans l'enseignement supérieur pour les 70 % de Chiliens les plus pauvres. Beaucoup craignent que la réforme n'aille pas assez loin.

Une interpellation lors de la manifestation de Valparaiso, le 14 mai 2015.
Une interpellation lors de la manifestation de Valparaiso, le 14 mai 2015. REUTERS/Rodrigo Garrido

Un contexte politique tendu au Chili

« Nous avons demandé la gratuité des universités. Nous demandons aussi le déblocage de fonds pour renforcer l’ensemble de l’éducation publique et gratuite telle qu'elle existe déjà, parce que ces institutions ont été abandonnées par l’Etat pendant des années, et elles sont aujourd’hui dans un état déplorable », explique Javiera Reyes.

La plus grande manifestation de jeudi a rassemblé des milliers de personnes dans la capitale du pays, Santiago. Plus de 130 personnes ont été arrêtées après des échauffourées entre des étudiants cagoulés, armés de bâtons et de pierres, et les forces de l'ordre, qui ont répliqué au canon à eau. A noter que la recrudescence du mouvement étudiant tombe au plus mal, quelques jours après la formation d'un nouveau cabinet par la présidente, affaiblie par des scandales de corruption impliquant certains de ses proches.

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