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Haïti

Présidentielle en Haïti: l'opposition réclame le départ de Martelly

Des manifestants défilent dans les rues de Port-au-Prince, le 23 janvier 2016, pour réclamer la démission du président Martelly.
Des manifestants défilent dans les rues de Port-au-Prince, le 23 janvier 2016, pour réclamer la démission du président Martelly. REUTERS/Andres Martinez Casares

Les élections qui devaient se tenir ce dimanche 24 janvier en Haïti ont été annulées à la dernière minute par le Conseil électoral provisoire. L'administration s'est justifiée en déclarant qu'elle n'aurait pas pu garantir la sécurité des électeurs. L'opposition réclamait depuis des semaines cette annulation, mais elle a néanmoins continué sa mobilisation en manifestant encore ce samedi dans la capitale. Une manifestation qui s'est encore achevée sur des incidents violents.

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Avec notre correspondante et notre envoyée spéciale à Port-au-Prince,  Amélie Baron et Stefanie Schüler

L'annulation des élections obtenue, la revendication première des opposants désormais, c'est le départ immédiat du président haïtien et du Premier ministre.

« Nous exigeons maintenant le départ de Michel Martelly et la formation d'un gouvernement de transition avant le 7 février, explique l'opposant Assad Volcy. Aujourd'hui, on a intérêt que l'opposition se réunisse pour déterminer une alternative avant Michel Martelly. On est déjà en pourparlers et on y arrivera. »

Les manifestants craignent que le président sortant puisse vouloir se maintenir à son poste au-delà du 7 février, date à laquelle il devrait, selon la Constitution, passer le pouvoir à son successeur élu.

Vers une période de transition ?

La question est maintenant de savoir comment s’organisera la période de transition. Les tractations seraient en cours entre la présidence, les partis des deux finalistes, Jovenel Moïse et Jules Célestin, et le Parlement.

De son côté, la communauté internationale insiste sur la nécessité de reprendre au plus vite le processus électoral et, surtout de fixer une nouvelle date pour le second tour de la présidentielle afin d’éviter que la crise électorale et politique ne s’aggrave en Haïti.

Des incidents violents

Vendredi dernier, la fin de manifestation de l'opposition a été marquée par des incidents violents. Cette violence condamnée par les autorités nationales et la communauté internationale, est pourtant légitime, selon Evan Fanfan, avocate du parti politique Pitit Dessalines.

« Quelle est la plus grande violence quand un gouvernement a tenté de voler la volonté du peuple ? », s'insurge-t-elle. « Quelle est la plus grande violence quand un président de la République essaie de provoquer, essaie d'humilier tout un peuple ? Quand la violence est le résultat de la violence pour la liberté, pour la démocratie, ça c'est la bonne violence ! »

Cette violence a encore été utilisée en fin de manifestation ce samedi. La cible des jets de pierres des opposants ce samedi aura été un marché inutilisé à 200 mètres seulement du palais présidentiel.

Jovenel Moïse confiant de sa victoire

Dans une déclaration à la presse ce samedi matin, Jovenel Moïse, le candidat du pouvoir à la présidentielle, s'est montré très combattif. Il assure qu'il va gagner « quelle que soit l'heure à laquelle les élections auront lieu ». « J'ai pris acte de l'annulation des élections du 24 janvier décidée par le conseil électoral provisoire, a-t-il déclaré. Je crois que le peuple haïtien était prêt à aller voter en foule pour Jovenel Moïse. »

« Ce que je ne comprends pas trop dans la décision du conseil électoral, c'est qu'ils ont renvoyé les élections sans dire quand elles auraient finalement lieu, pointe le candidat du parti au pouvoir. Je demande rapidement la tenue du deuxième tour des élections. Rien ni personne ne peut nous arrêter. Nous avons allumé la mèche d'un mouvement : c'est le plus grand mouvement pour le changement qui existe aujourd'hui dans le pays. C'est avec ce mouvement que l'on va gagner, quelle que soit l'heure à laquelle les élections auront lieu ».

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