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La revue de presse des Amériques

A la Une : le Venezuela au bord du naufrage

Manifestation dans les rues de Caracas où les opposants réclament un référendum révocatoire contre le président Maduro, le 14 mai 2016.
Manifestation dans les rues de Caracas où les opposants réclament un référendum révocatoire contre le président Maduro, le 14 mai 2016. ©REUTERS/Marco Bello

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La situation devient chaque jour un peu plus chaotique au Venezuela. Alors que le gouvernement du président Maduro a décrété la prolongation de l'état d'urgence économique et a instauré l'état d'exception ce week-end.

Une prolongation qui ne servira à rien, estime aujourd'hui El Nacional. Selon deux économistes vénézuéliens, chiffres à l'appui, « Les quatre mois derniers, déjà passés sous l'état d'urgence économique, n'ont apporté aucun résultat, aucune solution ». Bien au contraire : « Pendant ce temps les distorsions économiques se sont poursuivies et les Vénézuéliens continuent à souffrir des pénuries, de l'inflation et de la chute de leur pouvoir d'achat ».

La crise devient telle qu'elle coûte désormais des vies. Dans deux grands articles, le New York Times et le journal vénézuélien 2001 reviennent aujourd'hui sur les difficultés criantes dans les hôpitaux du pays. « La crise économique au Venezuela s'est transformée en une urgence en matière de santé publique. Une urgence qui tue un nombre incalculable de Vénézuéliens » fait savoir le New York Times. « Les chiffres sont catastrophiques », s'exclame 2001 : « Dans les hôpitaux publics, le taux de mortalité des nouveau-nés a été multiplié par cent, alors qu'il était de 2% en 2015 et de 0,02% en 2012. Le taux de mortalité maternelle a été multiplié par cinq dans la même période ».

Et 2001 poursuit : « Dans l'Hôpital Luis Razetto de Barcelona, le matériel médical pour les rayons X et celui pour les dialyses rénales est en panne. A l'hôpital universitaire des Andes, dans la ville de Mérida, il n'y a plus suffisamment d'eau pour nettoyer les tables d'opération du sang des patients. Avant une intervention chirurgicale, les médecins se lavent les mains avec des bouteilles d'eau minérale ». L'un des chirurgiens décrit la situation ainsi: « Des personnes meurent par manque de médicaments. Si vous devez suivre une chimiothérapie parce que vous êtes atteint d'un cancer, il faut vous procurer les médicaments sur le marché noir. Des enfants meurent de malnutrition ».

De son côté, le New York Times conclut: « La crise dans le secteur médical n'est qu'une partie du naufrage vénézuélien qui devient si évident que le président, Nicolas Maduro, a imposé l'Etat d'urgence et que l'on craint désormais l'effondrement du gouvernement ».

Alors qu'on attend pour aujourd'hui les précisions de la part du gouvernement vénézuélien sur cet état d'exception, Nicolas Maduro accuse toujours l'opposition et derrière elle les Etats-Unis de fomenter un complot pour le renverser. Le journal Ultimas Noticias, pourtant racheté il y a quelque temps par un proche du pouvoir, écrit aujourd'hui : « A en croire le gouvernement, les problèmes sociaux et économiques sont causés par un problème politique : une opposition soutenue par un empire étranger. Et au fur et à mesure que les jours se suivent et que les souffrances se multiplient, le gouvernement se réfère à cette seule explication sans entreprendre rien de plus ».

Même son de cloche dans les colonnes d'El Universal : « En ces moments terribles que traverse le Venezuela, nous ne voyons pas d'hommes d'Etat en qui avoir confiance, en qui placer nos attentes, nos espoirs. Comme jamais, la politique souffre aujourd'hui d'un total manque de crédibilité. Et la position folle maintenue par nos dirigeants ne mérite rien d'autre que notre méfiance. Tout ce que nous voyons n'est que de l'improvisation », estime El Universal.

Colombie : retrait progressif des mineurs au sein des Farc

C'est un nouveau pas vers la fin du conflit armé en Colombie : hier le gouvernement colombien et les Farc se sont mis d'accord sur le retrait progressif des mineurs au sein des troupes de la guérilla.

Progressif, car leur réintégration au sein de la société colombienne va être longue. El Espectador parle d'ailleurs de « chemin » pour sortir les enfants de la guerre. Selon le quotidien, les Farc doivent fournir dans un premier temps les informations pour identifier, puis localiser ces mineurs encore dans les camps de la guérilla. Les enfants entre 14 et 18 ans, qui ne sont pas coupables de crimes graves, seront graciés.

D'ici 15 jours, un protocole sur la réintégration de ces enfants dans la société doit être soumis aux négociateurs des deux parties à la Havane, rapporte le journal El Tiempo. La représentante des Nations unies, Leila Zerrougui, s'est réjouie de cet accord : « Ces programmes de réintégration vont assurer la protection des mineurs. Sans eux, il y aurait des risques que les enfants soient recrutés par d'autres groupes armés, ce qui serait un élément déstabilisateur pour la société et la paix ».

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