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Chili / Cuivre

Quand le cuivre et Codelco vont mal, le Chili tout entier souffre

La mine de cuivre d'El Teniente, au Chili, dirigée et détenue par Codelco.
La mine de cuivre d'El Teniente, au Chili, dirigée et détenue par Codelco. Morten Andersen/Bloomberg Getty Images

La baisse mondiale du prix du cuivre touche de plein fouet le premier producteur de la planète, le Chili. Et sa principale entreprise Codelco. La première entreprise publique du pays est dans le rouge et cela a un effet direct sur le budget de l’Etat. Une petite phrase lancée la semaine dernière par le président de Codelco, et qui tourne en boucle, résume cette situation inquiétante. Depuis, le débat ne cesse de gonfler sur les réseaux sociaux…

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de notre correspondante à Santiago, Claire Martin

« Il n’y a pas un putain de peso » a lancé le président de Codelco, Nelson Pizzaro, durant un séminaire, devant un parterre de vestons-cravattes, pour décrire les caisses d’une des principales productrices de cuivre du monde. Evidemment, la trivialité du propos, a fait mouche. Il est devenu un sujet tendance ou trending topic sur twitter et ne cesse depuis d’être utilisé à toutes les sauces. La forme de la petite phrase est drôle, mais le fond est tout à fait inquiétant. Quelques jours plus tard, la première entreprise publique du pays annonçait des pertes de plus de 86 millions d’euros au premier semestre 2016, des chiffres jamais vus en 60 ans d’existence. L’entreprise traverse son pire moment et cela a un effet direct sur les caisses de l’Etat.

Le président Salvador Allende a nationalisé le cuivre en 1971. Depuis, on dit populairement que Codelco est le salaire du Chili. L’entreprise reverse l’intégralité de ses profits à l’Etat. Moins elle gagne donc plus l’Etat s’appauvrit. Ces dernières années, son apport correspondait à 10 % du budget de l’Etat. Le problème est que l'entreprise doit s’endetter pour investir puisqu’elle ne peut pas faire usage de ses profits. L’endettement a ses limites, Codelco demande une capitalisation, en d’autres termes que le gouvernement ne lui ponctionne cette fois pas tous ses profits. Mais la présidente socialiste Michelle Bachelet a besoin de beaucoup d’argent pour appliquer ses réformes sociales, et surtout celle de la gratuité de l’éducation supérieure. D’où un vif débat sur les réseaux sociaux. Débat relancé cette semaine par la « Loi réservée du cuivre ».

L'équipement de l'armée en question

Selon la « Loi réservée du cuivre », l’équivalent de 10 % des ventes du minerai sont reversées aux armées pour l’achat d’armes. En 2015, cela correspondait à 80 % de l’argent reversé par Codelco à l’Etat. Le Chili a de ce fait le meilleur armement d’Amérique latine. Mais manque d’hôpitaux et d’écoles.

La majorité des internautes exige donc la fin de cette loi. D’autant qu’un journaliste, Mauricio Weibel, a révélé tout récemment qu’avec cet argent, certains militaires s’étaient enrichi de manière illégale à hauteur de 6 millions et demi d’euros. Ce qui ajoute de l’huile sur le feu !

L'entrée du complexe de Chuquicamata, la plus grande mine de cuivre à ciel ouvert au monde, dans le désert d'Atacama au Chili.
L'entrée du complexe de Chuquicamata, la plus grande mine de cuivre à ciel ouvert au monde, dans le désert d'Atacama au Chili. Reuters / I. Alvarado

 

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