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Haïti

Ouragan Matthew: les Haïtiens appelés à ne pas risquer leur vie

Jocelerme Privert a demandé aux habitants d’«évacuer les zones qui représentent un danger».
Jocelerme Privert a demandé aux habitants d’«évacuer les zones qui représentent un danger». REUTERS/Andres Martinez Casares

Le très puissant ouragan Matthew, en mouvement dans les Caraïbes, devrait atteindre ce lundi Haïti et la Jamaïque, avant de se diriger vers Cuba. Jocelerme Privert, le président intérimaire d'Haïti, demande aux habitants d’« évacuer les zones qui représentent un danger ».

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« Mes compatriotes, ne soyez pas têtus, ne dites pas "Dieu est bon" et prendra soin de vous : il faudra évacuer les zones qui représentent un danger. Nous n'avons aucun intérêt à risquer notre vie », a exhorté Jocelerme Privert, le président intérimaire d'Haïti, lors d'une allocution à la nation, dimanche 2 octobre.

Et pour cause : la côte sud de Haïti est en alerte rouge. L'ouragan Matthew est en effet toujours un ouragan de catégorie 4 sur une échelle qui en compte 5, avec des vents soufflant jusqu'à 230 km/h et une très forte capacité pluviométrique.

Il a commencé à pleuvoir cette nuit sur les villes côtières du sud et du sud-ouest d'Haïti. Et les rafales de vent se font de plus en plus fortes. Pourtant, l'oeil de l'ouragan Matthew, qui se déplace très lentement, est toujours à environ 450 kilomètres de la capitale haïtienne Port-au-Prince. Il devrait toucher terre en Haïti vers 2h00 du matin, ce mardi. Le National Hurricane Center, basé à Miami, prévoit des précipitations allant de 38 et 63 centimètres d'eau par mètre carré, voire un mètre d'eau à certains endroits.

Il y aura beaucoup d'inondations, de glissements de terrain.

« La population était réticente »

Face à la menace imminente, le gouvernement haïtien a appelé la population à trouver refuge dans les quelque 1 300 abris provisoires à travers le pays. Ils peuvent accueillir 340 000 personnes, alors qu'Haïti compte près de 11 millions d'habitants.

Plus de 500 personnes ont déjà été déplacées et mises à l'abri dans un lycée de la ville côtière de Jérémie, chef-lieu du département de la Grande Anse, à 190 km à l'ouest de Port-au-Prince. « Ces évacuations ne se sont pas déroulées dans des conditions faciles, car la population était réticente », a indiqué Marie-Alta Jean-Baptiste, la directrice de la protection civile.

Les écoles et les deux aéroports internationaux du pays resteront fermés jusqu'à ce que l'ouragan se sera éloigné. La mission onusienne Minustah, présente dans le pays, s'apprête à déployer ses effectifs en renfort et une équipe d'évaluation de la catastrophe et de coordination (UNDAC) devait arriver dimanche en Haïti pour immédiatement se déployer dans le sud.

Les Haïtiens se préparent au pire

La mer, très fortement agitée, représente un important danger pour la population et leurs habitations précaires. Les autorités haïtiennes ont mis en garde contre des vagues pouvant atteindre dix mètres et la mer risque de submerger une partie du littoral. L'ensemble du territoire national doit s'attendre à des inondations, d'importantes coulées de boues et des crues éclairs.

La minorité aisée de la population a pris d'assaut les supermarchés pour faire des provisions. Que ce soit le pain, l’eau ou encore des pâtes, les rayons des supermarchés sont quasiment vides. Dans les allées, les chariots se remplissent souvent au-delà du raisonnable, selon notre correspondante Amélie Baron.

Plusieurs élections, dont le premier tour de la présidentielle, doivent se tenir normalement dimanche prochain. Aucune annonce n'a encore été faite sur le maintien ou non de ces scrutins.

 

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