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Paraguay

Paraguay: violentes manifestations contre une révision du mandat présidentiel

Asuncion, le 31 mars 2017: la police s'est heurtée aux manifestants qui protestaient contre le vote par le Sénat d'un amendement à la Constitution autorisant le président Cartes à briguer un nouveau mandat.
Asuncion, le 31 mars 2017: la police s'est heurtée aux manifestants qui protestaient contre le vote par le Sénat d'un amendement à la Constitution autorisant le président Cartes à briguer un nouveau mandat. REUTERS/Jorge Adorno

Des manifestants opposés au projet d'amendement de la Constitution permettant la réélection du président paraguayen, approuvé par les sénateurs partisans d'Horacio Cartes, ont violemment occupé le Congrès vendredi 31 mars au soir et provoqué des heurts avec la police. Une trentaine de personnes ont été blessées dont plusieurs parlementaires et un militant de l'opposition a été tué ce samedi lorsque la police a investi le QG du parti libéral.

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Asuncion, la capitale du Paraguay a vécu des scènes d'émeutes vendredi soir. Les manifestants ont commencé par brûler des pneus devant le Parlement dont ils ont ensuite brisé des vitres, puis saccagé les bureaux des sénateurs favorables à l’amendement, et ont mis le feu au bâtiment. La police anti-émeutes a riposté à l'aide de grenades lacrymogènes et de balles en caoutchouc.

Les violences ont fait un mort, un responsable de l'opposition, tué d'une balle en pleine tête alors qu'il s'était réfugié avec d'autres manifestants au siège du Parti libéral, ainsi qu'une trentaine de blessés. Elles ont également conduit à 211 arrestations.

A l'origine de la colère, le vote à huis clos par le Sénat (avec une majorité de 25 sénateurs sur 45) vendredi soir d'une réforme de la Constitution autorisant le président à briguer un nouveau mandat. L'actuel président, le conservateur Horacio Cartes, au pouvoir depuis 2013, pourrait ainsi se représenter à l’élection présidentielle de 2018. La réforme permettrait de la même manière à l'ancien président Fernando Lugo (2008-2012), un ancien évêque, de se présenter de nouveau à la magistrature suprême.

Une Constitution héritée de la transition démocratique

La possibilité de la réélection du président est souhaitée par le gouvernement, mais critiquée par l'opposition libérale, qui est attachée au mandat unique prévu par la Constitution. Le texte fondamental de 2012, actuellement en vigueur, a été rédigé en réaction à la longue dictature militaire du général Alfredo Stroessner qui a duré de 1954 à 1989. C'est pourquoi, pour prévenir toute tentation de régime autocratique, a-t-elle exclu la possibilité d'être réélu à la tête de l'Etat.

Le vote de vendredi s'est d'ailleurs déroulé dans des bureaux du Sénat, car la salle d'assemblée plénière était occupée par les sénateurs du Parti libéral, vent debout contre la réforme. Le vote à la Chambre des députés prévu pour ce samedi a été reporté pour permettre au climat s'apaiser. Le président Horacio Cartes a appelé l'opposition et les manifestants au calme.

Ces événements coïncident avec un grand rendez-vous international : Asuncion accueille jusqu’à dimanche des milliers d’hommes d’affaires, de ministres, de fonctionnaires, pour la réunion annuelle du Conseil des gouverneurs de la Banque interaméricaine de développement.

avec agences

Le palais du Congrès a été pris d'assaut par les manifestants opposés à la réforme du mandat présidentiel unique prévu par la Constitution, le 31 mars 2017 à Asuncion.
Le palais du Congrès a été pris d'assaut par les manifestants opposés à la réforme du mandat présidentiel unique prévu par la Constitution, le 31 mars 2017 à Asuncion. REUTERS/Jorge Adorno

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