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Colombie

Colombie: rencontre historique entre ex-paramilitaires et ex-chefs des Farc

Le processus de désarmement des Farc a pris fin en juin dernier sous supervision de la Mission des Nations unies en Colombie.
Le processus de désarmement des Farc a pris fin en juin dernier sous supervision de la Mission des Nations unies en Colombie. LUIS ACOSTA / AFP

C’est une rencontre inédite et historique. Elle a réuni des chefs de l’ex-guérilla des Farc et d’anciens responsables des milices paramilitaires le 19 juillet dernier à Bogota. Son objet: favoriser la mise en œuvre de l’accord de paix conclu l’an dernier entre le gouvernement de Juan Manuel Santos et la plus ancienne guérilla de Colombie.

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Sur la photo diffusée par les médias colombiens, siègent côte à côte Iván Márquez, Pablo Catatumbo et Jesús Santrich pour les Farc. Pour les anciens paramilitaires étaient présents Freddy Rendón Herrera, alias el Alemán; Edwar Cobos Téllez, alias Diego Vecino et Iván Roberto Duque, alias Ernesto Báez. « Cette photo m'a plu, car cela c'est la paix », a réagi le président Juan Manuel Santos sur Twitter.

La photo de la réunion du 19 juillet dernier a fait la Une de nombreux médias en Colombie.
La photo de la réunion du 19 juillet dernier a fait la Une de nombreux médias en Colombie. elespectador.com

« Mercredi 19 juillet, les membres du secrétariat des Farc et d'anciens commandants des forces unies d'autodéfense de Colombie (AUC, fédération d'extrême droite de groupes paramilitaires créée pour combattre la guérilla et démobilisée officiellement au début des années 2000) se sont réunis à la Casa Provincial de los Jesuitas à Bogota, accompagnés par le prêtre jésuite Francisco de Roux », indique Alvaro Leyva, conseiller de la guérilla des Farc pendant les pourparlers de paix de La Havane, dans un communiqué publié ce samedi.

Le président colombien Juan Manuel Santos s'est félicité sur son compte Twitter de la tenue de cette rencontre, approuvant ce « geste de réconciliation ». « Le pays a besoin d'abandonner les haines ! » ajoute le président.

Lors de cette réunion, qui a duré trois heures dans un « climat de respect » selon le communiqué, les parties ont reconnu que la paix « est une obligation et un droit pour tout citoyen » et que « la réconciliation est la plus haute aspiration du peuple colombien ». Elles sont tombées d’accord sur la nécessité de veiller à la mise en œuvre des différents points de l’accord de paix signé en novembre dernier.

Autre point important, les participants à la réunion sont tombés d'accord sur la nécessité de dire la « vérité » sur les événements de ces cinquante dernières années, en tant que composante essentielle du processus de réconciliation. La vérité aussi sur le nombre de victimes à imputer à chaque camp.

à (re)lire:44 milliards de dollars pour la paix avec les Farc (sur les différents points de l'accord de paix)

La violence des groupes paramilitaires n'a pas cessé

Cette rencontre s'inscrit dans un contexte de violence politique persistante. Les assassinats de militants de base (leaders syndicaux, paysans ou indiens) se poursuivent, notamment en milieu rural. Ils sont le fait de groupes paramilitaires, les Bacrim pour « bandes criminelles », composés pour partie d'anciens paramilitaires des AUC ayant refusé leur démilitarisation.

« Les paras ne sont jamais partis » dénoncent les organisations de défense des droits de l'homme. Selon l'organisme officiel de défense des droits, la Defensoria del pueblo, 52 responsables sociaux ou défenseurs des droits humains ont été assassinés depuis le début de l'année 2017 en Colombie.

► à (re)lire: Les assassinats d'acteurs sociaux et leaders paysans se multiplient en Colombie

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