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Venezuela

[Reportage] A Maracaibo, les Vénézuéliens face à la tentation de l'immigration

Un cargo passe en face de la ville de Maracaibo dans l'est du Venezuela.
Un cargo passe en face de la ville de Maracaibo dans l'est du Venezuela. JUAN BARRETO / AFP

J-1 avant les élections régionales au Venezuela. Une élection qui a forme de test à la fois pour le parti du président Maduro et pour l’opposition, qui tente de se refaire une place dans le paysage politique. A Maracaibo, dans l’Etat de Zulia, la ville est frappée par une forte émigration en raison des graves problèmes économiques que connait le pays. L’inflation est par exemple estimée à + de 700% cette année.

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Avec notre envoyée spéciale à Maracaibo, Marie Normand

A quelques pas du palais du gouverneur, une centaine de personnes patientent devant la préfecture sous une chaleur assommante avec plus ou moins de patience. « Qu’elle aille se faire foutre cette file d’attente ! », peste une femme qui perd son sang-froid.

Il est midi, et comme beaucoup ici, cette femme attend depuis plus de 5 heures pour faire certifier des documents administratifs. Le sésame pour pouvoir quitter le pays. A côté d’elle, un homme qui préfère taire son nom est payé pour faire la queue pour d’autres. Il trimballe avec lui un sac rempli de certificat de naissance et de diplômes à faire tamponner.

« Chaque jour j’en ai autant, explique-t-il. Ici tu gagnes 20 000 bolivars par jour, tu vas ensuite acheter ton pain, chaque tranche te coute 700 bolivars, donc 7 000 bolivars pour 10 tranches. Ça ne laisse pas grand-chose de ton salaire. C’est pour ça que tout le monde veut partir ».

Yamily Vergel Leon est une chef d’entreprise qui veut partir aux Etats-Unis. Elle estime que les rues de Maracaibo se sont vidées ces derniers mois. « C’est impressionnant de voir à quel point la population étudiante a diminué. Une grande partie des enseignants sont aussi partis. Et ça c’est un autre problème. Qui va les remplacer ? Il n’y a pas de nouvelle génération », se désole-t-elle.

Juste derrière, Linda Maria Govea s’évente avec son diplôme de dentiste à faire homologuer. Elle est née à Maracaibo. Mais aujourd’hui, elle veut rejoindre son fils en Colombie. « La qualité de vie ici s’est détériorée. Je suis une professionnelle de santé et pendant 15 ans j’ai eu suffisamment de patients. Aujourd’hui ce n’est plus le cas. Car tout le monde a émigré. Cette élection régionale, c’est une blague. J’hésite à voter. Mais je le ferai pour avoir bonne conscience, comme une dernière chose à faire avant de quitter la ville ».

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