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Etats-Unis

Quel peut être l’impact de «March for our lives» aux Etats-Unis?

Des lycéens américains rassemblés derrière une banderole «March for our lives», à Seattle, le samedi 24 mars 2018.
Des lycéens américains rassemblés derrière une banderole «March for our lives», à Seattle, le samedi 24 mars 2018. REUTERS/Jason Redmond

Des centaines de milliers de personnes, dont une majorité de jeunes, se sont rassemblées samedi 24 mars à Washington, mais aussi d’autres villes des Etats-Unis, pour exiger un encadrement plus strict de la vente d'armes à feu. Une mobilisation exceptionnelle qui peut marquer le pays, mais n’a que peu de chances de provoquer les changements réclamés par les manifestants, selon Jean-Eric Branaa, spécialiste des Etats-Unis.

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Malgré la présence d’au moins 800 000 personnes rien que dans les rues de Washington, Jean-Eric Branaa, maître de conférences à l'université Assas-Paris II, ne croit pas que les exigences des manifestants seront entendues. Déjà, parce qu’aucun texte de loi fondamental n’a été déposé au Congrès en faveur d’un contrôle plus strict des armes à feu.

« Le dernier grand texte » sur le sujet, « c’était le Gun Control Act, en 1968, qui avait effectivement abouti à la fin de la vente par correspondance » des armes à feu, une demande très forte à l’époque.

Sauf qu’aucune démarche en ce sens n’est à attendre cette fois-ci de la part du gouvernement « puisque Donald Trump est formellement opposé à la limitation de la vente des armes ». Même l’interdiction des armes aux moins de 21 ans « n’a quasiment aucune chance de passer au Congrès fédéral », dominé par les Républicains.

La seule réponse que le gouvernement apporte pour l’instant aux marcheurs anti-armes, c’est l’interdiction des bump stock, « un petit objet qui permet de transformer une arme semi-automatique en arme automatique » et donc de vider « un chargeur beaucoup plus gros beaucoup plus facilement ». Une réforme « vraiment à la marge » puisque se procurer des armes automatiques est de toute façon déjà interdit par la loi.

La jeunesse dans la rue

La mobilisation sans précédent des « marcheurs pour la vie » n’est pas pour autant dénuée de sens, au contraire. De par son ampleur, elle pourrait marquer durablement l’histoire des Etats-Unis, à l’instar des grandes marches contre la guerre du Vietnam.

« Ce qui est absolument extraordinaire dans ces rassemblements, c’est qu’il y a 840 manifestations différentes dans les différentes villes du pays et partout on se rend compte que les étudiants, les lycéens, sont effectivement au rendez-vous », se réjouit Jean-Eric Branaa. Des manifestants jeunes, souvent encore adolescents, dont l’âge étonne ce spécialiste des Etats-Unis.

Provoquer une évolution des mentalités

L’autre point marquant de ce mouvement, « c’est que la manifestation arrive plus d’un mois après la fusillade, ce qui a permis de faire monter un débat ». Une inscription dans le temps relativement longue, qui a déjà eu des conséquences, notamment auprès des entreprises. Certaines d’entre elles tentent ainsi de ne plus associer leur image aux armes à feu, comme la chaîne Dick's Sporting Goods, qui a juré que plus jamais elle ne vendrait d'armes, rappelle le chercheur. Une première dans le pays.

« Donc ce mouvement-là va peut-être laisser des traces dans la société américaine », voire, pourquoi pas, entraîner à long terme des changements plus profonds dans le rapport des Etats-Unis aux armes à feu.

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