Accéder au contenu principal
Argentine

«Cahiers de la corruption»: qui est le juge Bonadio, bête noire des Kirchner?

Le juge argentin Claudio Bonadio, à son arrivée au tribunal fédéral de Buenos Aires, le 7 février 2018.
Le juge argentin Claudio Bonadio, à son arrivée au tribunal fédéral de Buenos Aires, le 7 février 2018. AFP PHOTO - Noticias Argentinas / Hugo Villalobos

Alors que ce mercredi 22 août, le Sénat a autorisé des perquisitions dans les résidences de Cristina Kirchner, dans le cadre de l'affaire dite des « cahiers de la corruption », portrait du juge Claudio Bonadio au cœur de l'enquête.

Publicité

Ne vous fiez pas à son apparence de Père Noël. Avec son embonpoint, sa barbe et ses cheveux blancs, Claudio Bonadio est un chasseur. « La meilleure chose qui puisse vous arriver, c'est de ne pas l'avoir comme ennemi », résume à son propos Nestor Esposito, un journaliste spécialisé dans les questions judiciaires.

Ancien péroniste, de l'ancien président Juan Domingo Peron, secrétaire des affaires juridiques sous le gouvernement ultra-libéral de Carlos Menem dans les années 1990, Claudio Bonadio quitte la politique quelques années plus tard pour devenir juge fédéral.

« El pistolero »

A 62 ans, il est aujourd'hui un des juges les plus puissants d'Argentine, surtout connu pour son combat contre la corruption supposée du clan Kirchner. L'ancienne présidente l'a d'ailleurs qualifié de « pistolero » – traduire « tueur à gages », en référence à un incident survenu en 2001. Le magistrat, toujours armé, avait alors abattu deux délinquants qui l'avaient agressé dans une banlieue de Buenos Aires. Il a invoqué la légitime défense et n'a pas été poursuivi. « Je suis chasseur, instructeur de tir, je pratique le tir sportif », avait-il déclaré.

Le magistrat ne tremble pas non plus face aux grands d'Argentine. Il a convoqué dans son bureau un vice-président, des chefs du gouvernement, un gouverneur de la Banque centrale, des ministres, sans jamais s'exprimer publiquement.

Duel de longue date

Le combat Bonadio / Kirchner qui se déroule en ce moment n'a rien de surprenant : les deux s'affrontent depuis de longues années. Au total, le juge de Buenos Aires a engagé des poursuites contre l'ancienne présidente dans 5 affaires.

Parmi ces dernières, l'actuelle enquête des « cahiers de la corruption » est sans aucun doute la plus importante dans la carrière du juge, et la plus dangereuse pour l'ex-présidente. Dans ce dossier, il soupçonne Cristina Kirchner d'avoir été pendant ses deux mandats présidentiels, de 2007 à 2015, la responsable d'un système sophistiqué de corruption.

Une opération Lava Jato à l'argentine ?

Jamais avant lui, un magistrat n'avait mis au pied du mur les responsables des plus grandes entreprises du pays. Ceux qui ont avoué le versement des pots-de-vin ont bénéficié de l'avantageux statut du repenti : en échange d'aveux et d'une collaboration efficace avec la justice, ils ont pu ressortir libres du bureau de Bonadio, sans passer par la case prison. Les autres ont été placés en détention, en attendant leur procès.

L'affaire des « cahiers de la corruption » pourrait en tout cas faire penser à une version argentine de l'opération Lava Jato. Un vaste dossier qui avait ébranlé tout le Brésil il y a quelques années.

(Avec AFP)

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.