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Venezuela

La société vénézuélienne en deuil après la mort de Teodoro Petkoff

Teodoro Petkoff, au moment d'annoncer sa candidature à la présidentielle de 2006, le 22 avril à Caracas.
Teodoro Petkoff, au moment d'annoncer sa candidature à la présidentielle de 2006, le 22 avril à Caracas. JUAN BARRETO / AFP

La mort de Teodoro Petkoff, mercredi 31 octobre 2018 à Caracas, a suscité de nombreux messages de tristesse et de condoléances chez beaucoup de Vénézuéliens, et en particulier parmi ceux qui l'ont connu et côtoyé dans la politique comme dans le journalisme. Même ses adversaires politiques, dont Nicolás Maduro, lui ont rendu hommage. Une veillée funèbre en hommage à l'intellectuel a lieu ce samedi 3 novembre 2018 dans le cimetière de l'est de la capitale.

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Avec notre correspondant à Caracas,  Julien Gonzalez

Ancienne figure de la guérilla et du Parti communiste vénézuélien dans les années 1960, avant de s'en détacher complètement, Teodoro Petkoff a occupé plusieurs postes de responsabilité politique, comme député et ministre, entre les années 1970 et 1990. Il a été candidat deux fois à la présidence de la République.

Lorsque son parti, le Mouvement pour le socialisme (MAS), avait décidé de soutenir la candidature d'Hugo Chávez à la présidentielle de 1998, Teodoro Petkoff s'était écarté de sa formation politique pour s'orienter vers le journalisme. Il avait fondé le journal Tal Cual avec une ligne éditoriale critique contre Chávez.

Député de l'opposition, Stalin Gonzalez se revendique « depuis toujours de la gauche », par ses combats comme ses racines familiales. Beaucoup plus jeune que Teodoro Petkoff, qui avait 86 ans, il voit en lui une vraie source d'inspiration politique. Son héritage pour le Venezuela selon lui ? La gauche démocratique.

« On peut être de gauche et croire en la démocratie. C'est l'un des premiers à avoir voulu construire une unité contre Chávez, car c'est l'un des premiers à ne pas être tombé dans l'envoûtement du discours de gauche de Chávez. Moi comme beaucoup d'autres avons appris de Teodoro et voyons en lui un exemple à utiliser pour reconstruire la politique et la gauche démocratique de ce pays. »

En 2015, Petkoff avait été récompensé du prix Ortega y Gasset pour l'ensemble de sa carrière. Il n'a pas pu le recevoir en personne en Espagne en raison d'une interdiction de territoire dictée par les autorités vénézuéliennes. Mais sa figure sera regrettée par beaucoup dans la politique, y compris chez ses adversaires.

« Comme journaliste, Teorodo ressemblait beaucoup à ce qu'il était comme politique. Une personne irrévérencieuse, critique, avec des pensées et opinions qui lui étaient propres », explique Xabier Coscojuela, directeur de la rédaction de Tal Cual, longtemps dans le viseur de Chávez puis aujourd'hui de Nicolas Maduro.

« Nous sommes tous tristes à la rédaction, mais le meilleur hommage que l'on peut lui rendre, c'est de continuer à faire vivre Tal Cual. Les menaces à la liberté d'expression sont là, n'importe quelle excuse peut être utilisée pour fermer le journal, la page web du journal a été attaquée... Mais c'est un défi auquel nous devons faire face si nous voulons avoir un pays démocratique », conclut-il.

→ À relire : Décès de l'intellectuel et opposant vénézuélien Teodoro Petkoff

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