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Chili

«Je suis pro-Pinochet», la phrase qui secoue la scène politique chilienne

Le général Augusto Pinochet, le 21 août 1997, à l'Ecole militaire de Santiago.
Le général Augusto Pinochet, le 21 août 1997, à l'Ecole militaire de Santiago. (Photo: AFP)

Une députée chilienne de droite Camila Flores a déclaré il y a quelques jours qu'elle était «pro-Pinochet» en référence à l'ancien dictateur du Chili, Augusto Pinochet. Vivement applaudie par les militants de son parti, membre de la coalition au pouvoir, la députée a déclenché une polémique qui a embrasé la classe politique, quelques jours après la visite du fils du futur président brésilien, Jair Bolsonaro.

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De notre correspondante à Santiago

Cette déclaration de la députée Camila Flores ( voir la vidéo ) est intervenue quelques jours après la visite au Chili du fils du futur président du Brésil, Jair Bolsonaro. Le député d'extrême droite Eduardo Bolsonaro a été reçu par deux membres du gouvernement chilien. On savait déjà que Camila Flores appréciait les idées du général Pinochet, mais deux choses ont étonné : d'abord, elle a été applaudie vigoureusement par des dizaines de militants de son parti. Or Rénovation nationale, sa formation politique, n'est pas considérée généralement comme un parti d'extrême droite. C'est d'ailleurs l'ancien parti politique du président Sebastian Piñera, qui répète régulièrement qu'il a voté « non » à Pinochet lors du plébiscite organisé et perdu par la dictature en 1988.

Ni la direction du parti, ni le gouvernement n'ont condamné ces propos. Et c'est là, la deuxième surprise : la porte-parole du gouvernement par exemple, Cecilia Perez, issue du même parti, a salué la « diversité » et le « respect de la différence » au sein de la coalition au pouvoir. Tandis que le président de Rénovation Nationale indique que ces propos ne le mettent pas mal à l'aise car il n'a « pas entendu la députée nier ou défendre les atteintes aux droits l'homme », dit-il.

Une référence au dictateur qui passe très mal

Depuis des années déjà, défendre le général Pinochet est mal vu, et même condamné publiquement par la plupart des responsables politiques. Cette réaction du chef du parti a donc suscité des critiques au sein de son propre camp, où plusieurs députés considèrent que ce sujet ne devrait plus être un débat, même à droite.

L’opposition de gauche, elle, est évidemment indignée, car elle considère qu’il est impossible de dissocier le général Pinochet des violations des droits de l’homme systématiques sous la dictature. Pour rappel, le régime a fait plus 3 000 morts et disparus. Un texte de loi qui doit punir l'incitation à la violence est en débat en ce moment au Parlement, et l'opposition a voté, ce mercredi 19 décembre en commission, un amendement qui pénaliserait la négation ou l'apologie des crimes commis sous la dictature.

Le Chili déroule le tapis aux Bolsonaro

En plus de l’éloge du général Pinochet, l’opposition et la droite la plus modérée s’agacent aussi de l’accueil qui a été réservé au fils du futur président brésilien, Jair Bolsonaro. Avant la prise de fonctions de son père le 1er janvier, le député Eduardo Bolsonaro était de passage au Chili la semaine dernière. La présidente du parti d'extrême droite UDI, qui avait déjà rendu visite à son père entre les deux tours de l'élection présidentielle au Brésil, est même venue le chercher à l’aéroport. Deux ministres du gouvernement l’ont également reçu personnellement, notamment le ministre des Finances.

Le chef de l'Etat, lui, est bien conscient aussi de l’importance d’entretenir de bonnes relations avec la première économie d’Amérique du Sud. Il a salué le programme économique ultra-libéral de son futur homologue brésilien, Jair Bolsonaro, et l’a invité au Chili dès le mois prochain. Ce sera la première visite officielle à l’étranger pour le président brésilien.

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