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Etats-Unis

Les Etats-Unis se préparent à un long «shutdown»

En raison du shutdown, certains services de l'administration fédérale sont fermés, comme ici à Washington la Nara, l'agence en charge des archives, le 22 décembre.
En raison du shutdown, certains services de l'administration fédérale sont fermés, comme ici à Washington la Nara, l'agence en charge des archives, le 22 décembre. REUTERS/Joshua Roberts

Depuis vendredi 21 décembre, une partie de l’administration américaine est paralysée, faute d'accord entre démocrates et républicains sur le financement du mur voulu par Donald Trump à la frontière mexicaine. La situation ne s'améliorera pas avant Noël, et elle devrait même durer plus longtemps, le président lui-même ayant averti qu'il était prêt à « un très long blocage » et ce en dépit des conséquences économiques pour le pays.

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La fermeture partielle des administrations fédérales américaines pourrait durer. Selon le directeur du budget à la Maison Blanche, Mick Mulvaney, « il est très possible » que le shutdown « aille jusqu'au nouveau Congrès » qui doit se réunir pour la première fois le 3 janvier, alors que les tractations sur le budget fédéral, suspendues samedi, doivent reprendre le 27 décembre.

Les démocrates vont reprendre début janvier le contrôle de la Chambre des représentants après leur victoire électorale en novembre et les républicains resteront majoritaires au Sénat, ce qui augure des négociations difficiles entre les deux chambres.

Les Etats-Unis ont déjà connu deux shutdown cette année, mais ils n'avaient duré que trois jours. En 2013, lorsque la paralysie de l'administration américaine avait duré seize jours, plus de deux semaines, l'Etat fédéral avait présenté une facture de 2,5 milliards de dollars. Le coût des compensations versées aux fonctionnaires affectés.

Chômage technique

Dans le cadre du shutdown actuel, selon une estimation du camp démocrate, ils sont environ 800 000 - sur un total de plus de 2 millions - à être concernés : une petite moitié mise au chômage technique, une grosse moitié, dont les services sont jugés essentiels, continue de travailler mais sans être payés. Notamment pour la sécurité intérieure ou le contrôle aux frontières.

En cette période de fin d'année, le tourisme pourrait essuyer de sérieux dommages. Certains musées nationaux peuvent rester ouverts parce qu'ils sont sous-traités au privé ou parce qu'ils ont des réserves, mais pas tous. En 2013, selon la Maison Blanche, la facture s'était élevée à 500 millions de dollars.

Enfin les entreprises pourraient à leur tour être touchées par des pertes de production. Elles avaient atteint 2 à 6 milliards de dollars en 2013, selon des estimations de la présidence américaine.

Le quotidien des Américains perturbé

Si la plupart des Américains ne seront pas vraiment affectés, certains seront directement victimes de ces manoeuvres politiciennes.

C'est le cas de Denise, qui doit bientôt partir en vacances au Pérou. Elle vient de se rendre compte que son passeport est périmé. Panique à bord ! Pourra-t-elle le renouveler avant son vol le 2 janvier ? Elle s'est déjà renseigné : à cause du « shutdown », elle va devoir annuler son voyage.

« Il n'y a personne qui travaille. J'ai vérifié : les bureaux compétents sont fermés, donc il n'y a aucune chance que je reçoive mon passeport à temps. Et maintenant ce sont les vacances, puis on aura un nouveau Sénat et une nouvelle Chambre... Tout ça pourrait durer un mois. »

Denise évoque aussi une connaissance qui devait participer, dans un Parc national, à un grand réveillon qui n'aura finalement pas lieu ; elle s'inquiète également pour ses amis militaires, qui réduisent leurs dépenses de Noël car ils ne savent pas quand ils recevront leur prochain salaire...

Pour elle, c'est Donald Trump le responsable : il aurait dû être plus souple même si l'opposition refusait d'accepter le financement du mur à la frontière.

Mais pour Charly, ce n'est pas si simple. Selon lui, c'est tout le fonctionnement des institutions américaines qui serait à revoir. « Le problème, c'est notre système avec seulement deux partis. S'il y avait au moins une troisième force cela serait plus efficace pour faire avancer les projets. Aujourd'hui, personne ne prend vraiment les discussions au sérieux... Cela devient dangereux d'avoir uniquement deux partis, si puissants. Et ce n'est pas bon pour le pays. »

Si, en soi, le « shutdown » actuel n'affole pas encore, beaucoup se demandent surtout comment Donald Trump et la nouvelle majorité démocrate vont pouvoir cohabiter pendant les deux prochaines années.

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