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Brésil / Catastrophe naturelle

Rupture d'un barrage au Brésil: la compagnie minière Vale dans l’œil du cyclone

L'entreprise minière Vale est pointée du doigt après la rupture d'un barrage à Brumadinho qui a fait au moins 60 morts et 300 disparus.
L'entreprise minière Vale est pointée du doigt après la rupture d'un barrage à Brumadinho qui a fait au moins 60 morts et 300 disparus. REUTERS/Ricardo Moraes/File photo

Plus grand producteur de minerai de fer au monde, le brésilien Vale voit son image de nouveau ternie par la catastrophe provoquée par la rupture d'un de ses barrages miniers à Brumadinho, qui a fait au moins 60 morts et plus de 300 disparus. En novembre 2015, un autre barrage, que la compagnie détenait en copropriété avec l'anglo-australien BHP, avait également cédé à Mariana, à 120 km de là, faisant 19 morts et créant un désastre environnemental en contaminant le fleuve Rio Doce, un des plus importants du pays.

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Quand il a pris ses fonctions, en 2017, le PDG de Vale Fabio Schvartsman a déclaré que l'entreprise aurait pour mot d'ordre : « plus jamais Mariana ». « Vale a été inconséquent et incompétent. On pensait qu'ils (les dirigeants, ndlr) auraient tiré des leçons de Mariana, mais trois ans après, c'est notre ville qui est meurtrie », s'est insurgé dimanche 27 janvier Avimar de Melo, maire de Brumadinho. Les revenus de sa commune dépendent quasi exclusivement de l'activité minière, qui emploie en outre une grande partie de la population de 39 000 habitants.

Fondée en 1942, Vale était au départ une entreprise publique nommée « Companhia Vale do Rio Doce », opérant dans l'Etat de Minas Gerais, où se trouvent Brumadinho et Mariana. Presque aussi grand que la France, cet Etat du sud-est du Brésil est doté, comme son nom l'indique (« mines générales »), d'un sol extrêmement riche en minerais, et a connu son essor, et une grande prospérité, avec l'extraction d'or au XVIIIe siècle.

La troisième plus grosse entreprise minière au monde

Privatisée en 1997 par le gouvernement de centre-droit de Fernando Henrique Cardoso, Vale pèse aujourd'hui 78 milliards de dollars, ce qui en fait la troisième compagnie minière au monde, après BHP et Rio Tinto, deux groupes anglo-australiens. En 2017, la compagnie avait affiché une production record de 366,5 millions de tonnes de minerai de fer, majoritairement exporté vers la Chine. Vale possède également des mines de nickel, de cuivre et autres métaux.

Avec 76 500 employés, la compagnie est présente dans 30 pays et ses activités se sont diversifiées au cours des années, avec des centrales hydro-électriques, ainsi que des chemins de fer et des ports pour acheminer sa production. Sur son site internet, Vale affiche sa « passion pour les gens et pour la planète », avec pour valeur fondamentale : « la vie en premier lieu ».

C’est un crime, un crime contre l’environnement et on pourrait presque dire un homicide collectif. Comment est-ce qu’ils ont réussi à construire un réfectoire et un bâtiment administratif avec des bureaux juste en dessous d’un barrage. C’est une responsabilité énorme ! Énorme !

[Reportage] La compagnie Vale au centre des crtiques

Lundi, les actions du groupe ont plongé de 20% à l'ouverture de la Bourse de São Paulo, avant d'effacer une partie des pertes autour de 17%. Le conseil d'administration a annoncé la suspension du paiement de dividendes aux actionnaires et de primes aux cadres de Vale. La justice a parallèlement bloqué 11 milliards de reais (trois milliards de dollars) sur les comptes du groupe minier brésilien à titre de réparations et les autorités locales lui ont infligé des amendes totalisant 300 millions de reais (70 millions d'euros).

► A (re)lire : [Reportage] Brésil: Brumadinho panse ses plaies après la rupture d'un barrage

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