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Chili / Economie

Prosur versus Unasur: la présence de Bolsonaro sème le trouble à ce 1er sommet

Le président chilien, Sebastian Pinera (photo), espère que le «Prosur» pourra être pérenne.
Le président chilien, Sebastian Pinera (photo), espère que le «Prosur» pourra être pérenne. REUTERS/ Rodrigo Garrido

Le Chili organise, ce vendredi 22 mars, le premier sommet « Prosur ». Sept chefs d'Etat et de gouvernement sud-américains y participent, venus de Colombie, du Brésil, d'Argentine, ou encore d'Equateur. L'idée du président chilien Sebastian Pinera et de son homologue colombien Ivan Duque est que Prosur vienne se substituer à l'Unasur, organisation née en 2004, mais actuellement paralysée.

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De notre correspondante à Santiago,

L'Unasur est mourante depuis que le Chili, la Colombie, l'Argentine ou encore le Brésil ont gelé leur participation à l'organisation l'année dernière. Celle-ci avait été créée sous l'impulsion de présidents latino-américains de gauche, mais elle a ensuite souffert des désaccords entre les dirigeants du continent, concernant notamment la situation politique et économique au Venezuela.

Pour combler ce vide, les présidents du Chili et de la Colombie, Sebastian Pinera et Ivan Duque, tous les deux classés à droite, essaient donc aujourd'hui de lancer « Prosur » : pour l'instant, c'est un sommet périodique des dirigeants du continent, dans le but de négocier des accords économiques transversaux. L'idée est de pouvoir aller plus loin que les accords bilatéraux, et d'inclure davantage de pays que le Mercosur, le marché commun entre le Brésil, l'Argentine, l'Uruguay et le Paraguay. Sebastian Pinera promet aussi que l'organisation sera bien « moins bureaucratique » que l'Unasur.

Des clivages politiques pas vraiment dépassés

Le président chilien affirme aussi que cette organisation sera au-dessus des tendances politiques des différents chefs d'Etat. C'est ce qu'il répète depuis que cette idée a été lancée, il y a quelques semaines seulement. Il tente ainsi de se positionner comme un leader à l'échelle régionale.

Mais, pour le moment, à l'exception du président de l'Equateur, Lenin Moreno, seuls des dirigeants de droite participeront au sommet de ce vendredi. La Bolivie d'Evo Morales et l'Uruguay de Tabaré Vasquez ne seront pas représentés à Santiago ce vendredi.

Pour l'opposition à Sebastian Pinera, ce sommet est donc plutôt une réunion de la droite du continent et une énième tentative de construction régionale qui risque de subir, à terme, le même sort que l'Unasur.

Jair Bolsonaro, une présence qui dérange

Jair Bolsonaro, le président brésilien d'extrême-droite, fait partie des invités. Il a atterri à Santiago jeudi après-midi. C'est sa deuxième visite officielle à l'étranger après les Etats-unis en début de semaine. En descendant de l'avion hier, des journalistes l'ont interrogé sur ses déclarations passées dans lesquelles il faisait l'éloge de la dictature du général Pinochet. Il a assuré que lors de son séjour ici, il ne parlerait pas du dictateur qui a occupé le pouvoir au Chili entre 1973 et 1990.

C'est justement à cause de son soutien aux anciennes dictatures sud-américaines, de ses déclarations homophobes et sexistes que plusieurs parlementaires de l'opposition chilienne ont refusé de déjeuner à la même table que Jair Bolsonaro ce samedi à Santiago. Les présidents du Sénat et de la Chambre des députés ont aussi décliné l'invitation.

Une organisation de défense des droits des personnes LGBT a appelé à manifester contre la venue du président brésilien, tout comme plusieurs partis d'opposition et groupes de musique, qui organisent un rassemblement anti-Bolsonaro ce vendredi soir dans le centre de Santiago.

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