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Venezuela

Venezuela: plusieurs députés arrêtés après la tentative de soulèvement du 30 avril

Maikel Moreno, président du Tribunal suprême de justice, le 8 mai 2019.
Maikel Moreno, président du Tribunal suprême de justice, le 8 mai 2019. REUTERS/Ueslei Marcelino

Au Venezuela, le Tribunal suprême de justice a levé l’immunité de plusieurs parlementaires de l’opposition pour leur rôle présumé dans la tentative de soulèvement perpétrée la semaine dernière. Et le vice-président de l'Assemblée nationale, Edgar Zambrano, un très proche de Juan Guaido, a été arrêté.

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Diosdado Cabello, numéro deux du régime de Nicolas Maduro et président de l'Assemblée constituante, a confirmé l'arrestation d'Edgar Zambrano, vice-président de l'Assemblée nationale et proche de Juan Guaido, le chef de file de l'opposition. C'est « l'un des principaux chefs du coup d'État ; il est allé prendre l'autoroute et il a été arrêté. Je vous le raconte pour que vous compreniez comment est la droite. »  Des propos tenus à la télévision mercredi soir par Diosdado Cabello dans sa propre émission de télévision, appelée « Con el mazo dando » (« Frapper avec le gourdin »). Une tribune pour critiquer l'opposition et porter la parole du régime.

Juan Guaido a immédiatement réagi sur Twitter. « Ils tentent de mettre en pièces le pouvoir qui représente tous les Vénézuéliens, mais ils ne vont pas y parvenir », a-t-il écrit.

Hier encore, la député de l'opposition Maria Magallanes s'est réfugiée dans l'ambassade d'Italie à Caracas.

Dix députés arrêtés

Comme elle, dix députés proches de Guaido ont été inculpés pour notamment trahison à la patrie, incitation à l’insurrection et rébellion civile, par le Tribunal suprême de justice. Sept premiers députés ont été arrêtés mardi puis trois autres hier mercredi.

L'immunité des parlementaires a été levée après avoir été validée par l’Assemblée constituante, en place au Venezuela depuis juillet 2017, mais qui n’a aucune valeur légale, selon l’opposition. Mais, elle remplace de facto l'Assemblée nationale, dominée par l'opposition mais dont les décisions ne sont plus prises en compte par l'exécutif. La Constituante dispose de pouvoirs étendus, dont celui de lever l'immunité parlementaire des députés, ce qu'elle a fait pour les élus poursuivis par la Cour suprême.

Le témoignage de Luis Florido

Pour Luis Florido, député indépendant de l’Assemblée nationale et dont l'immunité a été levée, cette décision démontre la déliquescence du régime. « Ce type de décision ne nous surprend pas. Tout d’abord cela vise à saper, à porter atteinte à la seule institution légitime au Venezuela que représente l’Assemblée nationale issue des élections de 2015, avec la participation de 14 millions de Vénézuéliens sur un total de 20 millions d’électeurs.

Cette décision, bien sûr, a un objectif précis qui est de restreindre l’action de l’Assemblée nationale qui cherche à rétablir l’ordre constitutionnel. Deuxièmement, cela permet de mettre en lumière une assemblée constituante, qui n’a aucune légitimité, qui n’est reconnue par personne et dont la seule fonction a été de mettre en prison des gens, d’humilier les Vénézuéliens et de convoquer des élections illégales à des moments auxquels elles n’auraient pas dû se tenir.

Enfin, cette décision permet de se rendre compte que Nicolas Maduro est dans une fuite en avant. »

le député Richard Blanco réfugié à l'ambassade d'Argentine

Richard Blanco, député de Caracas, a déjà connu les prisons vénézuéliennes en 2010. Il a décidé ce jeudi 9 mai de se rendre dans la résidence de l’ambassadeur d’Argentine pour éviter d’être arrêté. « Je suis ici de manière temporaire », « je suis venu dormir ici parce que ma vie est en danger », a-t-il expliqué. Richard Blanco ne compte pas demander l’asile à l’Argentine, mais cette situation pourrait bien se prolonger. C’est le deuxième député à qui le Tribunal suprême de justice a retiré son immunité qui part se réfugier dans une ambassade.

Pour Juan Guaido, le président autoproclamé, le régime de Nicolas Maduro cherche à désintégrer tout simplement l’Assemblée nationale, seule institution qui fonctionne normalement dans le pays, selon lui. Les évènements semblent confirmer sa vision des choses. Si depuis le 23 janvier dernier, elles semblaient laisser agir les opposants, désormais, elles semblent vouloir les museler.

À lire aussi : Venezuela: mardi 30 avril, le jour où Nicolas Maduro devait quitter le pays?

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