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États-Unis

WikiLeaks: Chelsea Manning refuse toujours de coopérer à l'enquête Assange

Chelsea Manning refuse, une fois de plus, de coopérer dans l'enquête contre Julian Assange. (Photo d'archives)
Chelsea Manning refuse, une fois de plus, de coopérer dans l'enquête contre Julian Assange. (Photo d'archives) REUTERS/Ford Fischer/News2Share

L’ancienne analyste militaire Chelsea Manning refuse de coopérer dans l’enquête menée aux États-Unis contre Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, accusé de piratage informatique. Et à cause de cela, elle pourrait bien retourner derrière les barreaux.

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Avec notre correspondant à New York, Grégoire Pourtier

Chelsea Manning avait été au cœur du scandale WikiLeaks, puisque c’est elle qui avait transmis, en 2010, des centaines de milliers de documents diplomatiques et militaires. Elle avait été condamnée à 35 ans de prison pour cela, avant que sa peine ne soit finalement réduite. Libérée, elle avait redémarré une nouvelle vie depuis 2017.

Mais l’arrestation de Julian Assange la remet inévitablement au centre des attentions de la justice américaine. Aux États-Unis, les « grands jurys » sont des groupes de citoyens tirés au sort et chargés d’enquêter dans les affaires pénales les plus importantes. Ils disposent d’un vrai pouvoir : ceux qui refusent de témoigner devant eux peuvent être condamnés pour « outrage à la justice » et envoyés derrière les barreaux.

C’est ce qui est arrivé à Chelsea Manning en mars dernier : contestant le principe même de ces « grands jurys », et le secret qui les entoure, elle n’a pas collaboré aux investigations concernant Julian Assange. Le fondateur de WikiLeaks a récemment été arrêté à Londres et les États-Unis demandent son extradition.

Mais l’ancienne analyste militaire n’est pas restée longtemps en prison : la procédure arrivait techniquement à son terme. Elle a donc été libérée jeudi, au bout de deux mois, mais peut-être pas pour très longtemps. Car un nouveau grand jury a été constitué et a immédiatement exprimé les mêmes exigences. Chelsea Manning a, elle, campé sur sa position.

Défendant ardemment la liberté d’information et les journalistes, pourra-t-elle rester longtemps fidèle à ses principes ? Car si Julian Assange a été cloîtré sept ans dans l’ambassade d’Équateur à Londres, elle a déjà passé la même durée, sept ans, derrière les barreaux pour avoir transmis les documents classés « secret défense » qui avaient fait la réputation de WikiLeaks.


 ■ Le parquet équatorien ordonne la saisie des biens d'Assange

Le fondateur de WikiLeaks, incarcéré au Royaume-Uni après plus de sept ans passés dans l'ambassade d'Équateur à Londres, est sous la menace d'une extradition vers les États-Unis pour piratage informatique. Il a perdu tout soutien de la part de Quito depuis l'arrivée au pouvoir du président Moreno, qui a choisi de coopérer avec Washington. Et dimanche, le parquet équatorien a ordonné la saisie des biens de Julian Assange se trouvant encore dans l'ambassade d'Équateur. Ce qui provoque la fureur de ses avocats.

C’est la première fois dans l’histoire de l’asile que le pays de protection fournit une assistance pénale à l’agent de persécution. Mais c'est tout à fait irrégulier dans le cas présent car parmi les biens de M. Assange, on trouve des documents pour sa défense, des documents de conversations avec ses avocats. C'est une violation absolue des droits de la défense...

Aitor Martinez

Tout le matériel informatique, téléphone portable, ordinateur, CDs, cartes mémoire et autres documents, va donc être remis à la justice américaine. La fouille aura lieu lundi 20 mai. Selon le journal El Pais, le journal espagnol qui a révélé cette information, la coopération judiciaire entre l'Equateur et les Etats-Unis a commencé il y a quelques mois. Les avocats d'Assange n'écartent pas l'hypothèse que le personnel de l'ambassade ait déjà transféré des vidéos et des enregistrements obtenus à l’insu du militant australien. 
 

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