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Venezuela

Venezuela: un rapport de l'ONU fustige Nicolas Maduro

Michelle Bachelet, haut commissaire de l'ONU aux droits de l’homme, fustige Nicolas Maduro dans un rapport présenté ce vendredi 5 juillet à Genève.
Michelle Bachelet, haut commissaire de l'ONU aux droits de l’homme, fustige Nicolas Maduro dans un rapport présenté ce vendredi 5 juillet à Genève. REUTERS/Fausto Torrealba

Michelle Bachelet, haut commissaire de l'ONU aux droits de l’homme, doit présenter ce vendredi 5 juillet à Genève un rapport très attendu sur le Venezuela. En réalité, il est déjà disponible depuis jeudi et c’est un coup dur pour son président, Nicolas Maduro.

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Avec nos correspondants à Caracas et genèveBenjamin Delille et Jérémie Lanche

En 2018, 5 287 personnes ont été tuées pour « résistance à l'autorité » au cours d'opérations de sécurité, selon les chiffres même de Caracas. Pour l'ONU, ces opérations cacheraient en fait des meurtres. Les témoins entendus par les enquêteurs accusent les forces spéciales de s'être muées en bataillons de la mort.

La haut commissaire aux droits de l'homme Michelle Bachelet demande leur dissolution : « L'usage de la force de manière excessive et parfois léthale a été employé à plusieurs reprises contre les manifestants. Y compris lors d'opérations de sécurité par les forces spéciales, et qui ont conduit à plusieurs meurtres, principalement des jeunes hommes », relate-t-elle.

Selon l'ancienne présidente chilienne, « il pourrait bien s'agir d'exécutions extra-judiciaires. Ces cas doivent faire l'objet d'une enquête approfondie, pour que les auteurs de ces meurtres soient jugés. Des garanties doivent être apportées pour que ces événements ne se reproduisent pas. »

Michele Bachelet, qui s'est rendue au Venezuela il y a deux semaines, dénonce également les disparitions forcées et les arrestations des voix critiques du régime de Maduro. Près de 800 personnes seraient toujours en détention de manière arbitraire. Les autorités ont mis en place une stratégie « visant à neutraliser, réprimer et incriminer les opposants politiques », indique le rapport.

Une victoire pour l’opposition, un scandale pour les partisans du président ; quoi qu'il en soit ce rapport fait couler beaucoup d’encre au Venezuela.

Une grande avancée

« Le rapport reconnaît l’existence de personnes détenues pour des raisons politiques. Il reconnaît l’existence de disparitions forcées et l'existence de tortures et de traitements inhumains. Je crois que c’est un rapport très important, au moins dans l’histoire de la répression politique que l’on vit depuis 18 à 20 ans », commente Alfredo Romero, directeur de l'organisation Foro Penal.

Pour l’opposition vénézuélienne et les ONG de défense des droits de l'homme, ce rapport de l'ONU est une grande avancée.

En revanche, le gouvernement vénézuélien ne l’entend pas de cette oreille. Dans un communiqué publié dans la foulée du rapport, le ministère des Affaires étrangères affirme qu’il comporte des « erreurs » et « d’innombrables imprécisions ».

Corriger les erreurs

Selon les autorités, le document du Haut Commissariat aux droits de l'homme des Nations unies présente « une vision sélective et ouvertement partiale » de la réalité.

Elles réfutent la méthodologie de l’agence onusienne, et notamment le fait que « 82% des personnes interrogées l’aient été en dehors du Venezuela ».

Rien ne laisse donc présager que le gouvernement répondra aux nombreuses recommandations du rapport, notamment sur la suppression des Forces d’action spéciales, une unité d’intervention accusée d’avoir multiplié les exécutions extrajudiciaires.

Au lieu de ça, le communiqué se contente d’appeler les Nations unies à corriger les erreurs supposées du rapport.

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