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Argentine

Élections générales en Argentine: Fernandez domine largement les primaires

Le candidat à la présidentielle argentine Alberto Fernandez, après sa victoire lors des primaires. Buenos Aires, le 11 août 2019.
Le candidat à la présidentielle argentine Alberto Fernandez, après sa victoire lors des primaires. Buenos Aires, le 11 août 2019. REUTERS/Agustin Marcarian

Les primaires obligatoires en Argentine, ce dimanche 11 août 2019, ont donné une large victoire au péroniste Alberto Fernandez, avec 47% des voix contre 32% au président sortant de centre droit Mauricio Macri. Les électeurs ont sanctionné la politique économique du gouvernement en place depuis 2015. L’opposition peut maintenant remporter les élections générales d'octobre, dont la présidentielle. Dans le même temps, le peso et la bourse plongeaient au lendemain du revers du président libéral sortant Mauricio Macri. A l'ouverture des marchés, la Bourse avait dégringolé de plus de 10%, avant de s'effondrer jusqu'à près de 38%.

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Avec nos correspondants à Buenos Aires,  Aude Villiers-Moriamé & Jean-Louis Buchet

Il est accueilli en fanfare, dimanche soir après les résultats, tel un futur président d'Argentine qu'il sera peut-être dans quelques mois. Alberto Fernandez arrive tout sourire à son QG de campagne, qui déborde de militants survoltés.

« Je suis heureuse ce soir. Parce que nous avions commencé à perdre espoir ces dernières années. Nos salaires se dégradent, tout est très cher. Là, j’ai confiance et j’ai l’espoir que tout s’améliore », confie Lourdes, euphorique.

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C'est un raz-de-marée qui a eu lieu ce dimanche. Et une gifle pour Mauricio Macri : à l’exception de Buenos Aires, la capitale, il recule dans tous les grands centres urbains, qui lui avaient donné la victoire à la présidentielle en 2015.

Une partie des classes moyennes a abandonné le président libéral non péroniste. Patrons de PME qui ont dû fermer boutique ou licencier, cadres et employés dont le pouvoir d’achat est laminé par l’inflation, les déçus du macrisme sont nombreux.

Ils n’ont pas été convaincus par le discours du chef de l'État candidat à sa réélection, selon lequel les sacrifices d’aujourd’hui seraient une étape sur le chemin du redressement de la troisième puissance économique d'Amérique latine.

L'ancienne présidente argentine Cristina Kirchner, le 11 août 2019 dans un bureau de vote à Rio Gallegos.
L'ancienne présidente argentine Cristina Kirchner, le 11 août 2019 dans un bureau de vote à Rio Gallegos. REUTERS/Stringer

Le retour de Cristina Kirchner

Jouant sur du velours, Alberto Fernandez a promis d’en finir avec la crise et l’austérité. Sans beaucoup plus de précisions. L’Argentine, en proie aux cycles, traverse une grave dégradation économique et sociale depuis l’an dernier.

« Nous n’avons jamais fait de folie lorsque nous avons été au pouvoir, prévient Fernandez. Nous avons toujours réglé les problèmes que d’autres ont créés, et une fois de plus, nous allons régler les problèmes que d’autres ont créés. »

C’est également un succès pour l'ancienne première dame et présidente Cristina Kirchner, candidate à la vice-présidence, parvenue à réunifier la famille péroniste de gauche en cédant la première place à son ancien directeur de cabinet.

Ces primaires ne sont qu’un indicateur qui, faute de compétition interne à chaque camp, faisait office de grand sondage. La présidentielle aura lieu le 27 octobre et on voit désormais mal comment la victoire pourrait échapper à Alberto Fernandez.

En Argentine, il suffit d’obtenir 45% des suffrages pour être élu dès le premier tour. Cap sur cet objectif : « Nous allons entamer maintenant une nouvelle étape de la campagne jusqu’aux élections d’octobre », promet Alberto Fernandez.

Le président argentin Mauricio Macri et son vice-présidente Gabriela Michetti, à Buenos Aires le 11 août 2019. Un jour de défaite.
Le président argentin Mauricio Macri et son vice-présidente Gabriela Michetti, à Buenos Aires le 11 août 2019. Un jour de défaite. REUTERS/Luisa Gonzalez

La soupe à la grimace chez Macri

Le bonheur des uns fait le malheur des autres. Au QG de la coalition qui soutient le président sortant, si on pratique le genre chic décontracté et on aime bien danser sur des rythmes populaires, dimanche soir l’ambiance n’était pas à la fête.

Dans l'attente de résultats qu'on savait mauvais, l’angoisse était perceptible chez le staff du président avant même le dénouement de la soirée. Les journalistes étaient d'ailleurs tenus à l’écart des rares militants présents, non autorisés à parler.

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Mauricio Macri est apparu après 22 heures, entouré de ses principaux lieutenants. Le président a immédiatement reconnu sa défaite, tout en se disant prêt à travailler pour gagner quand même à la présidentielle d’octobre prochain.

« Je veux remercier tous ceux qui, malgré les difficultés, ont continué à nous soutenir. Mais je dois reconnaître que nous avons fait une mauvaise élection et cela nous oblige à redoubler nos efforts à partir de demain », a-t-il dit.

 

« Pratiquement impossible d'envisager un tel scénario »

 

Le chef de l'État déclare pouvoir « continuer avec le changement ». Mais en réalité, il n’y croit plus vraiment. Quelques minutes plus tard, en conférence de presse, il a appelé ses adversaires à faire des propositions d’avenir pour le pays.

En attendant, le peso et la bourse dégringolaient lundi. A l'ouverture des marchés de la troisième économie d'Amérique latine, la Bourse avait chuté de plus de 10%, avant de s'effondrer de 37,93% à 16H00 GMT. « Il était prévu que la situation économique pèserait beaucoup dans le vote, analyse Nestor Sibena, économiste. Surtout, dans la périphérie urbaine de Buenos Aires, qui correspond à la province dans laquelle on trouve le plus de poches de pauvreté. Ce sont des secteurs qui ont été très affectés par la crise de la balance des paiements l'an dernier, dont a découlé une inflation annuelle de 50% l'année dernière et autour de 40% cette année, ce qui a provoqué une très forte chute des revenus en valeur nominale. La grande surprise de ces élections primaires, c'est qu'elles se sont véritablement transformées en un premier tour de scrutin, et qu'on assiste à un écart très important en faveur du kirchnerisme et contre le pouvoir en place. Les semaines précédentes, on supposait bien que l'opposition allait s'imposer, mais avec un écart de voix que le pouvoir en place pourrait rattraper d'ici le premier tour de la présidentielle du 27 octobre. Mais maintenant, il est pratiquement impossible d'envisager un tel scénario, parce que rien qu'avec 45% des voix, indépendamment du score de Macri, le ticket formé par Fernandez et Kirchner s'imposerait dès le premier tour dans deux mois le 27 octobre ».

 

► À lire aussi : Les primaires en Argentine, une mesure du rapport des forces

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