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Brésil / France

Amazonie: le Brésil se ravise et se dit ouvert à l'offre d'entraide du G7

Le président brésilien Jair Boslonaro reproche à son homologue français de l'avoir traité de «menteur» sur ses engagements climatiques.
Le président brésilien Jair Boslonaro reproche à son homologue français de l'avoir traité de «menteur» sur ses engagements climatiques. CHARLES PLATIAU, MAURO PIMENTEL / AFP / POOL

Le soutien proposé par le G7 pour lutter contre les incendies en Amazonie intéresse finalement Brasilia. L'État brésilien avait rejeté quelques heures plus tôt, sèchement, 20 millions de dollars d'aide débloqués d'urgence, conseillant au président français de s'occuper « de sa maison et de ses colonies ». Jair Bolsonaro, qui a multiplié les attaques personnelles contre les Macron cette semaine, a ensuite déclaré être prêt à discuter à condition que son homologue français retire ses « insultes ».

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Le porte-parole de la présidence brésilienne Otavio Rego Barrosa affirmé que son pays était finalement « ouvert » à l’aide financière proposée par le G7 pour lutter contre les incendies en Amazonie. La veille, un important ministre du gouvernement estimait encore que « ces fonds seraient peut-être plus utiles à reboiser l’Europe », rappelle notre correspondant à Sao Polo, Martin Bernard.

Après plusieurs jours d’invectives, qui n'ont d'ailleurs pas épargné la première dame française Brigitte Macron, le Brésil adopte à présent une position plus pragmatique : d’accord pour recevoir de l’aide, mais pas question de toucher à la question de la « souveraineté » sur l’Amazonie, ni d’évoquer un quelconque « statut international » pour protéger la forêt, comme suggéré par M. Macron.

La toute première réaction du chef de l'État avait été très musclée, c'était un rejet catégorique de la proposition d'entraide formulée par le G7 réuni en sommet à Biarritz. Mais Jair Bolsonaro lui-même avait mis un peu d'eau dans son vin quelques heures plus tard. « Ah bon, j'ai dit que je n'acceptais pas cette aide ? », avait lancé le président d'extrême droite à la presse mardi matin.

Et de poser alors ses conditions : « D'abord, M. Macron doit retirer les insultes qu'il a proférées contre ma personne, avait exigé le chef de l'État brésilien. D'abord, il m'a traité de menteur et ensuite, d'après mes informations, il a dit que notre souveraineté sur l'Amazonie était une question ouverte. Avant de discuter et d'accepter quoi que ce soit de la France, il doit retirer ses paroles. »

Le Brésil « ouvert » à l'aide internationale s'il en contrôle l'argent

Jair Bolsonaro a manifestement fait de l'offre du G7 - des dizaines de millions de dollars pour combattre les flammes puis lancer la reforestation - une question de fierté personnelle. Une fierté mal placée, selon plusieurs gouverneurs des États amazoniens touchés par les incendies, reçus ce mardi par le président brésilien à Brasilia, et qui ont insisté sur la nécessité de recevoir des fonds extérieurs.

Leur message : même si l’on n’est pas d’accord avec le président français, il faut bien admettre que nos caisses sont vides, et que nous pouvons difficilement refuser l’aide du G7. Certains ont même proposé de négocier directement avec la Norvège et l'Allemagne, deux pays qui ont bloqué leur financement pour la protection de l'Amazonie à cause de la politique de M. Bolsonaro.

Après avoir dit « non merci » à l'offre lancée par les puissances industrielles du G7, le Brésil s’est donc ravisé vers un « oui, mais », voire un « oui » tout court. « Le point essentiel, a conditionné Otavio Rego Barros, c'est que cet argent, une fois entré au Brésil, n'aille pas à l'encontre de la souveraineté brésilienne et que la gestion des fonds soit sous notre responsabilité. »

► À lire également : Les passes d'armes entre MM. macron et Bolsonaro agitent la Toile au Brésil

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